Avec des maisons en bois montées en 8 heures à peine, la France voit fleurir une nouvelle tendance, rapide comme l’éclair… mais pas toujours tendre avec le portefeuille ! Faut-il vraiment craquer pour ces jolis cubes de bois nouvelle génération ? Emballé, c’est pesé, on vous dit tout – sans langue de bois.
Le bois, roi de la rapidité mais pas du rabais
Devant la chape de béton qui traîne, les maisons en bois font des envieux : là où il faut attendre entre 18 et 24 mois pour voir poindre sa demeure bétonnée, la cousine en bois s’installe souvent en 12 mois, tout compris. Aujourd’hui, une maison neuve sur dix en France est d’ailleurs construite ainsi. Autant dire que le bois ne ronge plus son frein !
À La Charité-sur-Loire, dans la Nièvre, il existe une sorte d’atelier magique : chaque jour, deux à trois maisons y voient le jour à une cadence de Formule 1. Inspirée par la méthode automobile, l’usine POBI (pour Panneaux Ossature Bois Industrialisés) assemble chaque mur en 8 heures chrono. « Pour l’automobile, vous avez la caisse de la voiture et vous venez mettre les équipements sur une chaîne qui avance, explique Sébastien Boudin, directeur chez POBI. Pour nos maisons, c’est le même principe : on fait avancer un mur et on ajoute les composants (isolation, fenêtres, volets…) tout en optimisant l’énergie et le temps. »
Ajoutez à cela l’effet « livraison express » : en 3 à 4 jours les murs arrivent sur place, et une équipe motivée de menuisiers et charpentiers assemble le tout façon jeu de construction géant. À la clé, le rêve d’un emménagement trois à six mois après avoir vu ses murs débarquer.
Tarifs en bois… et en béton !
Si vous pensiez faire des économies, petit avertissement : le bois, ça se paie ! Les maisons signées Natilia (60 agences en France) oscillent entre 1300 et 1600 euros le mètre carré, allant de 32 500 à 320 000 euros selon la superficie, de 25 à 200 m². Et ce n’est pas tout : ces tarifs peuvent dépasser de 10 à 15 % ceux d’une maison en béton équivalente. Le promoteur ne se gêne d’ailleurs pas pour afficher des prix parfois supérieurs à la construction traditionnelle !
Malgré tout, la demande grimpe en flèche. Le premier confinement a vu une hausse de 25 % des nouveaux prospects selon Alain Tur, PDG d’AST Groupe, qui a racheté POBI en 2009. La maison en bois a remplacé la simple maison dans l’imaginaire collectif : « Aujourd’hui, les gens sont contents de dire ‘j’ai acheté une maison en bois’, » souligne-t-il, tendances et fierté écolo obligent. Quant aux vieux réflexes devant les incendies ou la crainte de finir comme les trois petits cochons, ils semblent s’estomper. « Tous les âges sont séduits par le bois. Nous avons même vendu une maison à un couple de septuagénaires qui ont quitté une très grande maison avec jardin », raconte Sébastien Boudin.
Studios de jardin : la nouvelle extension gagnante ?
Entre le Covid, le télétravail et la tendance à la modularité à tout prix, le studio de jardin explose lui aussi. AST recueille sept fois plus de demandes pour des espaces de travail qu’un an auparavant ! Agrandir une maison traditionnellement prend 8 à 12 mois, de quoi décourager bon nombre de familles… qui préfèrent alors déménager. Mais la solution existe : Natibox, le studio préfabriqué qui sort d’usine en 2 à 5 jours et s’installe en quelques heures. Certains, tout équipés (avec salle d’eau, WC suspendu, cuisine) ne nécessitent même pas de permis. Comptez toutefois 24 000 euros pour un studio de 15 m², ou 35 500 euros pour 28 m², de quoi faire réfléchir avant d’ajouter un bureau à la maison !
- 3/4 des ventes Natibox sont des studios tout équipés
- 2/3 des studios ne nécessitent pas de permis
Patrimoine ou feu de paille ? L’interrogation qui fâche
Si l’on regarde du côté des États-Unis, les maisons en bois ont longtemps eu une valeur discutable après quelques années : on n’hésitait pas à les brûler lors des déménagements… En France, acheter une maison rime avec patrimoine et transmission familiale. Certains préviennent : attention aux désillusions ! Entre nécessité d’entretien constant et valeur de revente encore floue, l’expérience n’est pas la panacée annoncée pour tout le monde. Et, rappelons-le, le promoteur ne fait pas de complexe à pousser la note au-delà de celle des maisons traditionnelles.
La question finale s’impose donc : qui fait la meilleure affaire, le promoteur ou l’acheteur ? S’il n’y a pas de réponse universelle, une certitude demeure : il vaut mieux rester informé, lucide… et garder son marteau à portée de main au cas où quelques réparations viendraient vite s’imposer !













