Dans le vaste univers des discussions autour du barbecue familial ou à la machine à café, le logement s’impose comme le sujet vedette. Bonne affaire ou gouffre financier ? Acheter ou louer ? Tout le monde a un avis, parfois forgé à coups de clichés… qui pourraient bien amputer votre budget immobilier. Les experts alertent : en 2024, il est urgent de revisiter dix grandes idées reçues qui persistent (trop) souvent dans notre esprit. Prêts pour un petit ménage de printemps dans vos certitudes immobilières ?

1. Acheter, c’est toujours mieux que louer : vraiment ?

Les temps changent… et les vieux réflexes aussi. Acheter n’est pas toujours la meilleure option ! À Paris, par exemple, la location permet d’accéder à des logements aux prestations supérieures ou à de plus grandes surfaces que celles achetées à prix d’or. Ludivine Guillot, conseillère iad, invite à évaluer son projet de vie : déménager souvent ? Louer peut alors s’avérer plus judicieux, surtout pour éviter de multiplier les frais de notaire. N’oubliez pas non plus la facture de la taxe foncière et autres charges : acheter, c’est payer plus que le crédit…

2. Emprunter au maximum ou maximiser son apport ? C’est selon !

Vous hésitez entre vider votre livret A pour gonfler votre apport ou emprunter jusqu’au dernier centime ? La réponse dépendra… du taux d’intérêt du moment. Quand ils sont bas, mieux vaut placer son épargne et profiter d’un prêt « bon marché ». Garder une marge de manœuvre, c’est aussi s’assurer de pouvoir faire face aux aléas de la vie (travaux, naissance, mariage, séparation, décès…). Ludivine Guillot recommande la souplesse, à la fois pour l’imprévu et pour de futures opportunités immobilières.

3. Un bien met du temps à se vendre… ça n’a aucune incidence ? Pas si vite !

Attention à ne pas jouer au marchand de sable avec la vente de votre bien. Plus il tarde à trouver preneur, plus il risque de se déprécier. Les charges continuent de tomber (taxe foncière, copropriété), et la note s’allonge vite. Parfois, faire appel à un professionnel de l’immobilier, même avec honoraires, peut accélérer la transaction notamment dans les marchés peu dynamiques. En prime, il saura activer son réseau, qualifier les acquéreurs et s’occuper des négociations pour maximiser vos chances de conclure.

  • Entreprendre avant d’acheter sa résidence principale ? C’est souvent plus facile, car votre capacité d’emprunt n’est pas déjà engloutie. Les loyers futurs pèsent alors dans la balance bancaire (jusqu’à 80 % des revenus locatifs).
  • Investir à distance ? Oui, à condition de bien connaître la zone ciblée et d’envisager la gestion locative pour ne pas transformer un coup de cœur en cauchemar administratif.

4. Bons plans, travaux, fiscalité : gare aux (fausses) promesses

Certes, le home-staging séduit, mais attention à ne pas y laisser votre chemise ! Les travaux ne paient que s’ils valorisent vraiment le bien ou élargissent le cercle des acheteurs. Parfois, mieux vaut présenter des devis d’amélioration que de tout refaire à ses frais. Côté enchères, elles offrent certes de belles opportunités avec des prix de départ souvent attractifs… mais gare à la surenchère qui vous laisserait regretter votre paddleboard flambant neuf !

Croire que tout achat sera synonyme de plus-value est un mirage : la valeur d’un logement dépend d’une ribambelle de facteurs (climat économique, taux d’emprunt, offre et demande locale, état de l’immeuble, environnement…). Un immeuble refait à neuf proche de chez vous ? Cela peut miner la valeur de votre vieil appartement.

  • Tout investissement comporte des risques : la clé reste de bien acheter (au juste prix du marché) et de définir son objectif (patrimonial, rendement ou défiscalisation). N’oubliez aucune dépense, anticipez les aléas (locataire indélicat, travaux imprévus) et conservez de la tréso.
  • Les dispositifs fiscaux ? Oui, il y a l’embarras du choix (Pinel, Malraux, Denormandie, LMNP…) mais chacun a ses contraintes et ses limites. Par exemple, le Pinel s’accompagne d’une durée de location obligatoire et d’un prix de revente souvent inférieur à l’achat. Revendre trop vite, c’est perdre l’avantage fiscal…

Enfin, le bon moment pour investir dans la pierre ? Surprise… il n’existe pas ! Comme le rappelle la mandataire : « Plus tôt on investit, plus tôt ça rapporte ». Attendre LA conjoncture parfaite, c’est risquer de laisser passer le bien de votre vie.

En résumé : l’immobilier, c’est souvent mieux sans œillères ni idées reçues. Interrogez, comparez, doutez même, mais surtout, informez-vous. Car s’il y a bien une chose sur laquelle tous les experts s’accordent : un investissement réfléchi vaut mieux qu’un achat « coup de cœur » dicté par les voisins.

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