Vous pensiez que vendre son bien immobilier, c’est forcément marchander âprement avec un autre particulier d’un côté ou d’un autre de la table ? Détrompez-vous ! Certains propriétaires décrochent le jackpot en faisant affaire avec un promoteur, jusqu’à 30 % plus cher que le prix du marché. Trop beau pour être vrai ? Plongeons dans les coulisses de ce filon méconnu, ses ressorts, ses particularités et… ses chausse-trappes.

Pourquoi les promoteurs peuvent-ils offrir plus que le voisin ?

L’intérêt principal de vendre à un promoteur est, il faut bien l’avouer, sonnant et trébuchant. Selon Gilles Madre, président du groupe de promotion immobilière P2i, « les promoteurs estiment les biens sur les droits à construire, et non sur leur valeur vénale ». En d’autres termes, ce n’est pas le simple état de votre maison ou terrain qui retient leur attention, mais plutôt ce qu’ils pourront en faire pousser dessus. Ce calcul audacieux leur permet de valoriser votre bien bien mieux qu’un simple particulier, « avec une surcote estimée entre 10 et 30 % par rapport au prix du marché, en fonction de la localisation et du potentiel du bien ».

Le secret de cette surenchère ? Si votre parcelle, même modeste en apparence, s’avère constructible pour un beau programme de logements neufs, vous entrez dans une autre cour. Bref, avant de foncer sur SeLoger, renseignez-vous sur l’appétit du promoteur du coin : votre porte-monnaie n’y perdra peut-être pas au change !

Comment séduire le promoteur idéal (et maximiser le prix) ?

  • Comparer, c’est gagner. Face à ce marché de l’immobilier version business class, il vaut mieux ne pas signer trop vite. Mettez systématiquement en concurrence plusieurs promoteurs pour comparer leurs offres : une saine rivalité qui pourrait faire grimper les enchères.
  • Connaître son potentiel. Difficile d’appréhender seul le degré de constructibilité de sa parcelle, même en se plongeant dans le Plan local d’urbanisme (PLU). Ce document, parfois opaque et soumis à interprétation selon la collectivité, peut réserver des surprises. Vous pouvez investir dans une étude capacitaire auprès d’une agence d’architecture ou d’un bureau d’études pour estimer ce que votre terrain permet vraiment de construire. Payant, certes, mais potentiellement très rentable.
  • Le bouche-à-oreille : votre meilleur allié. Pour dénicher le promoteur sérieux qui ne vous posera pas un lapin, interrogez vos voisins, le service urbanisme de votre mairie ou même mieux, un notaire établi sur la commune. Ces acteurs connaissent souvent les promoteurs actifs et leurs antécédents.
  • Et le digital dans tout ça ? Les plateformes « proptech » comme Promy proposent de vous mettre en relation avec des promoteurs triés sur le volet, pour un « match » qui maximise vos chances de conclure la vente au meilleur prix.

Un contexte de marché de plus en plus favorable… mais instable

La conjoncture actuelle a rebattu les cartes : crise du Covid-19, rareté du foncier, besoins croissants en logements neufs, lutte contre l’imperméabilisation des sols… Autant de raisons qui poussent les promoteurs à cibler des parcelles déjà bâties. Ainsi, dans les zones tendues jugées « stratégiques », les sollicitations de promoteurs se multiplient. Un petit conseil : vérifiez bien dans votre boîte aux lettres, il serait dommage de jeter avec les prospectus l’offre du siècle !

Cependant, vente ne rime pas forcément avec réussite. Selon Gilles Madre, « aujourd’hui, entre 20 et 30 % des opérations se soldent par un échec ». Ce taux pourrait grimper à l’avenir, tant le contexte économique reste mouvant. Prendre son mal en patience est parfois incontournable.

Risques, cadre légal et marges de manœuvre du vendeur

Côté légalité, respirons : « Une transaction avec un promoteur a le même cadre juridique qu’une vente avec un agent immobilier ou un particulier. L’engagement contractuel est identique », rassure Gilles Madre. Aucune vente n’est imposée, sauf cas rarissime où la mairie déclenche une déclaration d’intérêt général : votre bien serait alors cédé… à la mairie elle-même, qui pourra ensuite le passer à un promoteur pour du logement social, une crèche, une école, etc.

Mais le plus grand risque pour le vendeur réside ailleurs : la vente avec un promoteur n’est définitive que si toutes les conditions suspensives sont remplies. Attendez-vous à :

  • L’obtention et la purge du permis de construire de tout recours (plus de deux ans, parfois… patience requise).
  • La pré-commercialisation d’un certain nombre de logements de la future opération.
  • Des études sur la qualité du sol et potentiels coûts de dépollution.
  • La disponibilité du crédit et l’obtention d’une Garantie financière d’achèvement de l’opération… ce qui devient de plus en plus difficile, même pour les promoteurs aguerris.

Autrement dit, un brin de suspense s’invite souvent à la table des négociations : gardez à l’esprit que certains projets finissent par capoter.

En résumé ? Si votre terrain aguiche les promoteurs et que vous êtes prêt à naviguer les méandres administratifs, comparer les offres et patienter, la vente à un professionnel peut être très lucrative. Mais jamais sans garanties : gardez toujours la main sur la transaction… et un peu de philosophie sur les délais.

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