Si le mot « succession » vous donne instantanément des sueurs froides ou rappelle ces fameux dimanches à écouter l’oncle Paul disserter sur la fiscalité, rassurez-vous : il existe des méthodes tout à fait légales pour ne pas se faire plumer… Et quand on parle d’immobilier, quelques astuces bien connues des experts permettent de réduire, voire d’éviter cette bonne vieille taxe de succession. Spoiler : tout se joue souvent avant 70 ans !

Comprendre la taxe de succession : une vieille histoire toujours d’actualité

Transmettre un bien immobilier est loin d’être un simple passage de clés de la main à la main. C’est un véritable marathon administratif ! Parmi les épreuves incontournables, les droits de succession occupent une place de choix. Mis en place à l’époque révolutionnaire (quand on voulait faire contribuer chacun selon ses moyens), ces droits représentent aujourd’hui un coût notable pour les héritiers.

Aujourd’hui encore, toute transmission — qu’il s’agisse d’argent, de maisons, de terrains, d’appartements, ou même de parts de SCI — s’accompagne de cette fameuse taxe due à l’État. Et comme le rappelle le Service Public, « tous les biens sont imposables aux droits de succession, qu’ils soient mobiliers ou immobiliers », en France ou à l’étranger. Les terrains, les maisons, les appartements ou les droits immobiliers comme l’usufruit et la nue-propriété sont tous visés par la loi.

Des règles qui varient selon les liens familiaux

Comme dans toute grande famille, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne face à la fiscalité. Selon le lien de parenté avec le défunt, le traitement fiscal peut changer considérablement. Par exemple, ainsi que l’explique Maître Frédéric Teper, avocat associé du cabinet Arsene Taxand et référent fiscal au Conseil National des Barreaux, « le conjoint marié ou la conjointe mariée est exonéré(e) de droits de succession ». Voilà au moins une bonne raison de dire oui à la Mairie !

Mais le tableau est plus nuancé pour les autres héritiers. Là où l’État savait être strict, il existe cependant des exceptions, surtout selon la situation du défunt ou la nature des biens transmis.

  • Conjoint(e) marié(e) : exonération totale
  • Enfants ou autres héritiers : exonérations possibles, mais sous conditions

Les règles d’exonération diffèrent, par exemple, s’il s’agit d’enfants ou non, ce qui rend bien utile l’avis d’un spécialiste lorsqu’on veut optimiser sa transmission !

La stratégie de la donation en nue-propriété : l’arme secrète des experts

Parmi les techniques les plus courantes pour alléger (ou carrément éviter) la note, la dissociation nue-propriété/usufruit fait figure de star. Le principe ? Donner la nue-propriété de ses biens (immobiliers ou parts de SCI) à ses enfants ou héritiers tout en gardant l’usufruit (autrement dit, le droit d’en profiter jusqu’à la fin de sa vie).

Prenons un exemple expliqué par Me Teper : « La donation de la nue-propriété par un parent, âgé de plus de 51 ans et de moins de 60 ans au moment de l’opération, qui conserve l’usufruit, bénéficie d’un abattement en base de 50 %. Au moment du décès de l’usufruitier, la réunion de l’usufruit et de la nue-propriété dans les mains de l’héritier se fait en exonération totale de droits de succession. »

En clair, ce montage bien pensé permet :

  • De faire sortir en partie le bien du patrimoine taxable
  • De maintenir l’usage du bien à vie
  • D’éviter toute taxe supplémentaire lors de la transmission finale

Ainsi, la succession peut se jouer bien avant que le notaire n’entre en scène, à condition d’anticiper !

Bien avant 70 ans… et après ? La course contre la montre fiscale

Dans la vie, mieux vaut anticiper (et cela vaut aussi pour la succession !). Organiser sa transmission avant 70 ans présente en effet un large éventail d’avantages :

  • Les plafonds d’abattement pour les dons sont bien plus généreux
  • Les dons aux associations restent fiscalement très intéressants
  • La valeur de l’usufruit est plus élevée, augmentant l’abattement possible

Après 70 ans, la question de la succession prend logiquement plus de place. Si l’on peut toujours transmettre en nue-propriété et conserver l’usufruit, l’avantage fiscal s’en trouve réduit par rapport à une opération menée plus jeune.

En conclusion : anticiper sa succession, c’est s’offrir la possibilité de transmettre plus sereinement en limitant le passage par la case impôts. Et comme souvent en matière de fiscalité, rien ne vaut l’accompagnement d’un expert pour transformer une obligation en opportunité. Si la perspective de la succession vous semble abrupte, rappelez-vous qu’avec les bonnes informations et un peu d’avance, la paperasse peut presque devenir une formalité… ou du moins, moins douloureuse pour vos proches !

Vous aimerez aussi dans « Dernière minute »

Laisser un commentaire