Vous pensiez que cacher quelques billets sous le matelas était la solution miracle contre les mauvaises surprises ? Méfiez-vous, garder de grosses sommes de liquide à la maison n’est pas sans règles ni sans risques. Plafond légal, tentation du cambrioleur et subtilités des assurances : ce réflexe d’épargnant prudent peut vite tourner à l’aventure risquée (et pas forcément rentable !). Zoom sur ce que vous ignorez peut-être sur le stockage de liquide chez soi.
L’art d’accumuler… et ses motivations cachées
Accumuler son argent chez soi séduit de nombreux Français. Pas question ici d’improviser casino clandestin, mais bel et bien d’accumuler des fonds dans une logique de conservation : les plus fervents adeptes préfèrent stocker leur argent plutôt que de l’investir, et parfois même que de le dépenser. Cette stratégie a un air rassurant, voire malin.
Les arguments fusent : « Je gère mieux mon budget avec un peu de liquide sous la main. » Et c’est vrai que, même à l’heure de la carte bancaire reine, certains continuent de se méfier de la banque.
Mais attention, on parle parfois de montants conséquents, bien au-delà de la monnaie pour le pain. Pour ces partisans de la tirelire XXL, le stockage d’argent liquide répond généralement à trois logiques :
- L’épargne de précaution. L’argent amassé n’est pas sujet aux brusques fluctuations bancaires.
- L’épargne de méfiance. Surtout en cas de crise financière, certains veulent anticiper les imprévus et avoir de quoi parer une éventuelle tempête économique.
- L’optimisation fiscale. Moins élégamment dit, cela peut servir à éviter certains prélèvements étatiques, même si le risque de condamnation pour fraude fiscale existe bel et bien.
Tout n’est donc pas qu’organisation de poche : derrière la thésaurisation, on décèle souvent un savant calcul… ou une bonne dose de méfiance.
Plus de 10 000 euros sous l’oreiller ? Gare à la loi !
Garder de l’argent chez soi, c’est parfaitement légal en France, mais pas question de dépasser certains seuils. La barre est nette : 10 000 euros par personne, pas plus. Si ce choix ne concerne que le détenteur de la somme, l’État veille au grain.
Et il n’y a pas que la police de l’épargne à craindre. Le risque numéro un reste… le cambrioleur, celui qui sait lire les tutos sur internet autant que vous. En 2020, les chiffres font froid dans le dos : 490 000 ménages français se sont fait cambrioler.
Petite piqûre de rappel : une fois subtilisé, l’argent liquide n’est pas toujours remboursé, loin de là. Les assurances habitation sont, en général, peu enclines à indemniser le cash envolé lors d’un vol. En comparaison, sur un livret d’épargne, la somme est protégée jusqu’à 100 000 euros en cas de fraude ou de faillite de votre banque. Pour résumer, votre planque à billets ne pèse pas bien lourd face au coffre-fort bancaire.
Où cacher ses économies – et pour combien de Français ?
Devant ces dangers, certains cherchent la cachette idéale. Sur Internet, pléthore d’astuces circulent, mais gardez en tête que les cambrioleurs sont abonnés aux mêmes forums que vous. La meilleure solution ? Le traditionnel coffre-fort. À défaut, la consigne est simple : privilégier un lieu difficile d’accès, loin de vos autres objets précieux.
Mais combien de Français se laissent encore tenter par la cache secrète à la maison ? Ouest-France rapporte que 34 % des Européens gardent du liquide chez eux. En France précisément, le montant détenu à domicile s’est envolé : 132,5 milliards d’euros en mars 2012, 225 milliards en juin 2020. Petite opération mathématique : cela fait environ 3 360 euros par Français. Malgré tout, une très large majorité (78 %) détiendrait moins de 1 000 euros, selon une étude menée au niveau européen en 2016 par la Banque centrale européenne.
Entre sécurité et liberté : trouver le juste équilibre
Garder ses économies sous la main, c’est vouloir garder le contrôle et se protéger… mais il faut y regarder à deux fois. Si l’idée peut rassurer, le plafond légal ne doit jamais être franchi et le risque de vol est loin d’être anodin. L’assurance-banque demeure la meilleure alliée contre l’imprévu.
Avant de transformer vos chaussettes en coffre du siècle, posez-vous la question : votre tranquillité vaut-elle vraiment ce pari risqué ?













