Usufruit ou propriété : ce qu’il faut vraiment savoir avant d’acheter ou d’hériter

L’achat ou la réception d’un bien en héritage n’est jamais tout à fait un chemin balisé et sans surprise. Entre usufruit et nue-propriété, le droit français a inventé de quoi pimenter considérablement la gestion de votre patrimoine ! Mais ne vous sentez pas perdu dans la jungle des concepts juridiques : découvrons ensemble, avec sérieux mais sans austérité, l’essentiel à connaître pour éviter les faux pas.

Le droit de propriété : quand un bien se dédouble

Le droit de propriété n’est pas un bloc monolithique. Il se scinde en deux composantes bien distinctes : l’usufruit et la nue-propriété. Le premier, l’usufruit, est, pour faire simple, le pouvoir de jouir d’un bien et d’en percevoir les revenus, même si ce bien ne porte pas votre nom en bas de l’acte de propriété. Ce privilège, cependant, est temporaire : on ne profite pas éternellement des cerises sur l’arbre du voisin…

L’autre facette du droit de propriété, c’est la nue-propriété, qui, elle, ne permet pas de toucher les fruits (ni les loyers, ni les intérêts) mais offre le pouvoir de disposer du bien. Traduction : vous pouvez le vendre, le donner, ou en faire tout ce que la loi autorise, sous réserve des droits de l’usufruitier bien sûr. Ce partage des pouvoirs est ce que l’on nomme le « démembrement du droit de propriété ».

Comment ça marche, concrètement ?

Dans le cadre d’un démembrement :

  • L’usufruitier occupe le bien, l’utilise et en retire les revenus.
  • Le nu-propriétaire, quant à lui, possède la faculté de disposer du bien (vendre, donner, léguer), mais sans pouvoir en jouir ni percevoir de revenus tant que dure l’usufruit.

À noter : l’usufruit s’accompagne d’une exigence de conservation. Autrement dit, il ne s’agit pas de laisser la maison tomber en ruines ou de retirer tout l’argent du compte en banque… L’usufruitier doit prendre soin du bien, et le maintenir en bon état.

Usufruit et nue-propriété : comment y accéder ?

L’accès à ces droits peut se faire de différentes façons :

  • Par testament, si une personne souhaite organiser la transmission particulière de son patrimoine.
  • Par décision de justice, qui peut trancher dans certains cas de litiges ou de successions compliquées.
  • Par contrat, dans le cadre d’une vente ou d’une donation qui démembre la propriété du bien.

Ce schéma ne s’applique pas qu’aux maisons : il peut aussi concerner une valeur mobilière, une part sociale, un compte bancaire, une créance ou même du mobilier. Bref, le démembrement du droit de propriété fait des émules dans tous les recoins de la gestion patrimoniale.

Et après ? À la fin de l’usufruit, qui garde quoi ?

L’usufruit n’étant pas éternel (dommage pour celles et ceux qui s’y plaisaient !), il prend fin à l’échéance convenue ou au décès de son titulaire. À ce moment-là, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété du bien. Mais avant de sabrer le champagne, il faut rendre le bien dans l’état où il était (attention aux coups de pinceau manqués…) et régler les comptes entre les deux parties, pour bien déterminer ce que chacun doit ou a perçu.

Un autre aspect technique concerne la fiscalité : la répartition entre usufruit et nue-propriété sert à calculer le montant des droits d’enregistrement lors de donations, successions ou ventes. Et, lors d’une vente, chacun – usufruitier comme nu-propriétaire – touche une fraction du prix correspondant à la valeur de son droit. Pas question donc de partir avec la caisse sans partager !

En résumé : pour bien gérer, il faut bien comprendre

Que vous achetiez une maison, héritiez d’une part sociale ou envisagiez une donation, savoir distinguer usufruit et nue-propriété est essentiel pour éviter les mauvaises surprises. Rappelez-vous :

  • L’usufruitier profite et entretient, le nu-propriétaire dispose mais attend.
  • Le démembrement existe pour plusieurs types de biens.
  • Lors de la fin de l’usufruit, il faut faire le point pour solder les comptes.

En somme, avant d’investir ou de transmettre, renseignez-vous toujours sur la part qui vous reviendra – et sur vos obligations. La propriété, certes, c’est la liberté, mais aussi, parfois, l’art du compromis… et de la patience !

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