Avant de foncer chez votre banquier pour décrocher le Graal du crédit immobilier, une précaution, une seule, pourrait bien bouleverser votre destin (financier) : regardez l’heure ! À midi sonnant, l’erreur n’est plus humaine, elle est programmée…

Quand demander un prêt immobilier ? L’heure fatale sous la loupe de Cambridge

Vous pensiez que la banque était le temple de l’objectivité et de la rationalité ? Que nenni ! Selon une étude menée par le département de psychologie de Cambridge, la sagesse populaire « le matin est de bon conseil » prend ici littéralement tout son sens. Ces chercheurs ne se sont pas contentés de deux-trois anecdotes de comptoir : ils ont analysé pas moins de 26 000 demandes de crédit, traitées par 30 banquiers au sein du même établissement. Un marathon de dossiers, de chiffres et, on l’imagine, de café.

Leur recommandation est sans appel : surtout, n’allez pas voir votre banquier vers midi. Apparemment, il y a une raison scientifique (et non une haine viscérale des sandwichs triangles).

La « fatigue décisionnelle » : banquier chercheur… ou cherche pause ?

Midi, moment fatidique. Le prétendant à la propriété pense avoir toutes ses chances. Pourtant, il se heurte à un phénomène que même les meilleurs simulants de crédit n’avaient pas anticipé : la fatigue décisionnelle. Eh oui, après une matinée à trier, analyser, accorder ou refuser, le banquier n’est plus franchement dans une forme olympique pour accorder un crédit immobilier !

Pourtant, l’étude prend soin de préciser que, dans leur échantillon, la plupart des demandes étaient portées par des profils dits « relativement simples » côté risques. Cela n’empêche pas la machine mentale de la banque de caler à midi… D’après Tobias Baer, l’un des auteurs de l’étude, « même les décisions que nous pourrions supposer être objectives, sont influencées par des facteurs psychologiques ».

La conclusion coule de source : pour préserver la performance de nos chers banquiers, il vaudrait mieux instaurer des pauses régulières (et pas seulement pour refaire chauffer la cafetière !).

Quand l’effort mental baisse, le taux de refus grimpe… et la banque perd gros

D’après les chercheurs, à mi-journée, le banquier choisit la solution la moins risquée pour lui – et sûrement pour son institution – : il refuse le crédit. Cela ne veut pas dire qu’il adore briser des rêves immobiliers ; c’est simplement la réponse qui demande, selon l’étude, « relativement peu d’effort mental ».

  • Pour les clients, cette baisse d’énergie peut coûter cher.
  • Pour les banquiers… aussi !

Ironie du sort, la même étude révèle que, si les décisions concernant ces dossiers refusés avaient été prises plus tôt dans la journée, la banque aurait pu percevoir quelque 510 000 dollars (environ 422 000 euros) de mensualités de prêts supplémentaires. Autant dire qu’une bonne sieste, ou un solide petit-déjeuner partagé, pourraient faire la fortune des banques !

Le professeur Simone Schnall, coauteur du rapport, précise avec un brin d’optimisme que « les agents de crédit sont plus disposés à prendre la décision difficile d’accorder à un client des conditions de remboursement de prêt plus clémentes le matin. En début d’après-midi, ils ont pu à nouveau prendre de meilleures décisions ».

L’art du timing : mode d’emploi pour survivre au face-à-face bancaire

Finalement, l’organisation d’un rendez-vous bancaire demande presque autant de stratégie qu’une session de jeu d’échecs… ou une division de lycée selon certains profs. Le conseil ? Sollicitez votre banquier au début de chaque demi-journée, c’est-à-dire :

  • Tôt le matin – quand l’esprit est frais (et qu’il reste des croissants à la cafèt’).
  • En tout début d’après-midi – une fois la digestion (presque) terminée.

Dernière mise en garde : le taux d’approbation décline à nouveau après 17 heures, une heure avant la fermeture. Donc, sauf si vous visez le record du refus le plus express, évitez la dernière heure de la journée.

Comme le rappelle l’ouvrage amusant « L’Influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine », de Ruwen Ogier, de nombreuses micro-influences teintent nos décisions, pour le meilleur ou (très souvent) pour le refus.

En somme, comme l’aurait dit ce prof d’anglais à qui rien ne semblait convenir : ni le matin parce qu’on n’est pas réveillé, ni après le déjeuner parce qu’on digère, ni le soir parce qu’on somnole… Heureusement, pour obtenir un prêt, il reste bien quelques heures de lucidité dans la journée !

Alors, à votre agenda : la clé d’un crédit immobilier, c’est parfois simplement… l’heure à laquelle vous le demandez.

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