Achat immobilier : les signaux d’alerte à ne surtout pas ignorer selon les experts

Vous venez de tomber sous le charme d’une maison ou d’un appartement ? Patience, ne dégainez pas votre stylo trop vite pour signer votre offre ! Avant de foncer tête baissée, mieux vaut avoir l’œil, le flair… et parfois le nez ! Voici, selon les experts, les signaux d’alerte qu’il serait dommage – voire coûteux – d’ignorer.

Des documents bancals, un premier drapeau rouge

Si votre future acquisition se trouve dans une copropriété, le vendeur est tenu de vous remettre toute une série de documents – la paperasse, le retour – avant même de signer le compromis de vente. Procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années, règlement de copropriété, carnet d’entretien de l’immeuble, diagnostics immobiliers… La liste est longue et, promis, elle n’est pas là pour vous embêter mais pour sécuriser votre achat. Pour Emeric Lelong, directeur d’une agence Laforêt à Paris, si le dossier transmis par le vendeur est incomplet ou manque de sérieux, il faut se méfier : « ça doit alerter ».

La passoire thermique : attention au coup de chaud sur le budget

Visiter un bien classé F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) – l’incontournable « passoire thermique » – n’a rien d’anodin. Oui, le charme agit souvent, mais attention ! Le coût des travaux pour remettre en état ces logements peut grimper en flèche. Emeric Lelong prévient que l’isolation par l’intérieur, par exemple, peut même faire perdre de la surface habitable. Et ça, ce n’est pas rien ! Le prix de vente doit tenir compte de ces inconvénients, et il vaut mieux être bien informé avant de s’engager.

Localisation : l’indispensable à ne pas sacrifier

En matière d’immobilier, il y a des concessions à faire… mais pas sur la localisation ! C’est la règle d’or selon les pros : « Quel que soit le marché, la localisation d’un bien ne changera pas », rappelle Emeric Lelong. Si votre coup de cœur est à 20 minutes de plus de transport que prévu ou demande de subir des embouteillages quotidiens, réfléchissez à deux fois. L’expérience montre que cela peut vite devenir insupportable et, déçus, les propriétaires cherchent souvent à revendre plus vite que prévu.

Prix trop bas, voisinage douteux et stress inutile : gare aux embûches

  • Prix anormalement bas : Un bien proposé à un tarif en-dessous du marché interpelle. Cela arrive parfois à cause d’un crédit relais qui arrive à échéance ou en cas de succession, mais il faut TOUJOURS en demander la raison. Sinon, méfiance, quelque chose pourrait clocher. Et n’oubliez pas : l’administration fiscale peut rectifier le prix si elle estime qu’il a été trop bradé.
  • Le voisinage, ni ange ni démon : Les enquêtes de voisinage sont souvent instructives, à prendre avec modération. Pourtant, si vous entendez la même ritournelle de tous les voisins sur des nuisances ou un voisin infernal, prudence ! La loi protège l’acheteur en cas de dol, lorsqu’un vendeur cache volontairement un vice connu.
  • Pression à l’achat : « Plusieurs offres en cours », « C’est maintenant ou jamais », « Faites vite »… Ces petites phrases mettent souvent une pression artificielle. Même dans un marché tendu, Emeric Lelong recommande de rester sur ses gardes si on sent l’empressement non justifié d’un vendeur.

Autres défauts rédhibitoires à surveiller : vis-à-vis direct, rez-de-chaussée sur cour (oui, face aux poubelles, on en rêvait tous), immeuble mal isolé des années 50, ou souplex. Pour ceux qui achètent dans l’optique de revendre, ces caractéristiques font souvent baisser la valeur du bien. Si malgré tout, vous réussissez à passer outre ces défauts, rassurez-vous, d’autres pourraient aussi le faire… mais mieux vaut le savoir d’avance !

Enfin, côté copropriété, la mauvaise ambiance peut s’avérer contagieuse. Une mésentente profonde qui bloque les travaux nécessaires, une situation financière fragile, un taux d’impayés supérieur à 25 % (pour une copropriété de 200 lots) : autant de signaux qui, selon l’Union nationale des associations des responsables de copropriété, doivent vous inciter à fuir… surtout si le syndic n’a aucune procédure en place pour remédier à ces impayés.

La morale ? En immobilier, mieux vaut un soupçon de méfiance que des larmes de regrets. Prenez le temps, décortiquez les documents, ouvrez l’œil, tendez l’oreille : votre futur toit (et votre portefeuille) vous remercieront !

Vous aimerez aussi dans « Dernière minute »

Laisser un commentaire