Des toits qui captent le soleil sans attirer les regards ? Ce n’est plus un rêve de designer, c’est la promesse des nouveaux panneaux solaires colorés, presque invisibles. Zoom sur cette petite révolution qui pourrait bien illuminer l’avenir des paysages… sans les assombrir !

Panneaux solaires : fini le noir imposé sur nos toits ?

Les stéréotypes ont la vie dure : pour beaucoup, un panneau solaire est un rectangle noir tristounet. Cette couleur n’a rien d’un hasard, c’est elle qui absorbe le mieux la lumière du soleil pour la transformer en électricité. Mais qui dit noir dit aussi apparence massive et intégration compliquée, surtout sur les bâtiments au cachet incontesté ! C’est là qu’entrent en scène les panneaux colorés, dignes héritiers du noir, qui prennent d’assaut nos toitures et cherchent à se rendre quasi invisibles.

Oscaro Power, pionnier du kit solaire à monter soi-même, résume bien l’enjeu : « Fini de transiger entre design et efficacité ». Depuis février, leur gamme Bisol Spectrum, fabriquée en Slovénie, bouscule les codes. Orange, vert, blanc… Le secret ? Un pigment glissé sous le verre, qui colore sans compromettre l’intégration visuelle.

En Suisse, la société Solaxess mise sur la technologie : un film aux propriétés nanotechnologiques, mis au point avec le CSEM (Centre Suisse d’Électronique et de Microtechnique), permet de couvrir toitures et façades de toutes les couleurs, sans sombrer dans le « déjà-vu » des panneaux traditionnels. L’esthétique retrouve ses droits, même au pays du pragmatisme solaire !

Couleur ou performance : le dilemme (presque) résolu

Mais alors, faut-il choisir entre beauté et rendement ? Pas vraiment. Marie Juyaux, directrice générale d’Oscaro Power, tempère les attentes : les panneaux colorés restent un peu moins performants que les modèles noirs, avec un rendement inférieur de 3 à 4 % en moyenne. Rassurez-vous, la performance reste tout à fait acceptable pour la plupart des usages ! Attention, les panneaux blancs, champions de l’intégration discrète, sont aussi les moins efficaces à cause de leur faible absorption des rayons solaires : leur performance garantie plafonne ainsi à 55 % selon Frédéric Clauss chez Solaxess… Eh oui, on ne peut pas avoir la blancheur grecque et le rendement du charbon !

Au rayon finances, préparez-vous à sortir quelques euros de plus : environ 370 euros le panneau coloré contre 200 euros pour la version noire chez Oscaro Power. Une maison standard nécessite autour de 8 panneaux. Certes, le surcoût n’est pas négligeable, mais la garantie de 15 ans peut rassurer les indécis.

Un arc-en-ciel sur les toits… même dans les zones protégées !

La force de ces panneaux ? Leur palette ! Solaxess propose 15 couleurs standards. Chez Oscaro Power, on vante la blancheur adaptée aux maisons grecques resplendissantes, le « deep red » et le « terracotta orange » qui épousent les ambiances méditerranéennes, ou encore le vert forêt pour mieux s’intégrer en montagne ou dans les milieux boisés. Ces nuances ouvrent un champ d’application inédit : répondre aux exigences strictes des Architectes des bâtiments de France (ABF), notamment dans les zones classées ou protégées. Plusieurs panneaux colorés ont d’ailleurs déjà pris place en Corse dans des villages classés, ou à Monaco sur des immeubles citadins.

Mais ne rêvons pas trop vite à une France bariolée de solaire : tout n’est pas permis. Les règles de construction sont strictes : si l’environnement doit être protégé – par exemple si le panneau est dans le champ de vision d’un site remarquable jusqu’à 500 mètres –, ou si un bâtiment a retenu l’œil (et les exigences) de l’ABF, l’installation pourrait être refusée. C’est le même casse-tête que pour les fenêtres : du progrès isolant, oui, mais seulement si la nouvelle huisserie reste en chêne, qu’on se le dise !

Les Français prêts à sauter le pas ?

Le solaire séduit. Selon Enedis, entre 2015 et le premier trimestre 2021, la France est passée de 3 000 à 100 000 maisons raccordées en autoconsommation individuelle. Un envol qui place l’Hexagone à la quatrième place européenne en matière d’installations photovoltaïques !

Effy, spécialiste de la rénovation énergétique, cite une enquête de l’ADEME : 61 % des Français envisagent sérieusement l’autoconsommation grâce à ces panneaux, motivés par trois objectifs majeurs :

  • Économiser sur la facture d’électricité (54 %)
  • Gagner en autonomie en s’affranchissant du réseau public (45 %)
  • Faire un geste pour la planète en optant pour une énergie renouvelable (40 %)

Conclusion : la discrétion a un prix, mais elle a aussi de beaux jours devant elle. Entre performance, style et contraintes réglementaires, les panneaux solaires colorés offrent une alternative séduisante à ceux qui veulent conjuguer écologie, élégance et respect du patrimoine. Avant de sauter le pas, mieux vaut tout de même vérifier les règles locales… et choisir la couleur qui, sur votre toit, fera le plus d’effet tout en restant presque invisible !

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