Et si l’on cassait tout… pour mieux accueillir la lumière ? À Paris, David Lucas, coiffeur star et amateur de déco, a relevé le pari audacieux de transformer un sombre appartement morcelé en suite lumineuse, sans l’aide d’un architecte et sans un mur de trop. Prêts à découvrir comment 80 m2 peuvent totalement changer de visage, sans se prendre la tête sur la cloison ?
Le choc du « avant » : un couloir, des pièces, et… pas de lumière
C’est à deux pas de son salon de la rue Danielle-Casanova que David Lucas tombe sur L’Appartement. Au cinquième étage d’un immeuble Art Déco, il découvre, il y a deux ans, un espace tout en longueur, cloisonné, sombre, dans son jus (oui, le vrai jus des années passées… odeur comprise ?). Un enchevêtrement de petites pièces, reliées par un étroit couloir. Mais voilà, David Lucas adore les défis et voulait, justement, une carte blanche à repenser complètement.
Ni architecte, ni cloisons : la révolution lucasienne
D’un coup de crayon personnel, ce passionné décide de laisser les architectes de côté (et de tester sa propre créativité). Il dessine ses plans, casse les murs, met à nu les plafonds, et découvre l’os du lieu : de superbes poutres en béton appelant à être montrées. « Elles font tout le charme du lieu. Je suis un fan du Palais de Tokyo, et là, c’était comme une évidence : il fallait les mettre en valeur et jouer avec les grands murs blancs, la lumière, les espaces ouverts… »
Accompagné uniquement d’un maître d’œuvre, il réinvente ces 80 m2 comme une grande suite d’hôtel : exit les portes (sauf pour la buanderie et les toilettes, restons pratiques), vive le décloisonnement où chaque espace garde pourtant sa fonction. « J’ai toujours eu un problème avec les portes », avoue-t-il avec humour. Résultat ? Le sol blanc devient le fil rouge, les pièces se répondent en enfilade, et une sensation d’immense luminosité envahit l’appartement.
Des solutions futées : rangements invisibles et mobilier affûté
- Une bibliothèque sur mesure parcourt tout l’appartement, dissimulant une multitude de placards, étagères, bureau…
- Les rangements longent les murs, presque invisibles pour ne pas alourdir l’ensemble.
- À l’extrémité de la bibliothèque, un coin bureau réunit photos, souvenirs, une collection de « daruma » (ces figurines porte-bonheur japonaises) et des bouteilles d’eau d’Osaka.
- Dans la chambre, des placards et rangements intégrés disparaissent dans la blancheur des murs.
Évidemment, le grand défi restait de ne pas surcharger : tout a été pensé pour ce lieu précisément. « Si je devais déménager, il y aurait probablement beaucoup de pièces dont je me séparerais. Je les ai choisies spécifiquement pour cet espace, pas pour un autre. » L’art (déco) d’avoir du flair… sans en faire trop.
Ambiance seventies, œuvres et pop-culture : une déco sur-mesure
L’ultraluminosité de l’espace est réveillée par des meubles seventies pleins de peps, presque tous chinés :
- Chauffeuses « 1500 » d’Etienne-Henri Martin
- Guéridon « TRG » de Willy Rizzo
- Fauteuil « Elda » en cuir de Joe Colombo
- Tabouret « Tulipe » bleu d’Eero Saarinen (par Knoll)
- Enfilade et lampe « Coq » vintage
Les œuvres d’art ponctuent les murs : toiles de Brigitte Aliot, œuvres originales de Fernand Léger, et une sélection de Jean Cocteau dialoguent avec la table de Warren Platner et des chaises signées Saarinen et Bertoia (toujours Knoll). Il n’a pas oublié la touche artisanale : plats en céramique venus de Corse, pichet basque et bols chinés à Marrakech, trio de céramiques roses par Fleux. Le tapis à poils longs (Toulemonde Bochart) et le linge de lit Harmony apportent confort et moelleux.
La cuisine, « Leconcept house by Cécile de Menibus » pour Dibiesse, s’impose par un comptoir massif en quartzite effet marbre, contrastant avec les façades en bois clair. On y retrouve le penchant pour l’éclectisme et les objets coups de cœur.
Côté chambre, isolation acoustique et intimité sont garanties grâce à de lourds rideaux (efficace contre les voisins curieux) et un plaid orange et bleu Hermès. Table de chevet chinée et chaise « Tulipe » forment un duo subtil, tandis que les lampes « Gras » (DCW Éditions) complètent l’atmosphère.
Derrière une verrière en guise de tête de lit, une salle de bains de poche se glisse : rangements presque invisibles, douille italienne, vases Home autour du Monde, soins capillaires maison, crème Aésop et serviettes en nid-d’abeilles Harmony… Petit bonus déco dans la niche : une tête en céramique chinée à Bordeaux.
Quand ouvrir les espaces rime avec lumière et personnalité
Le pari est réussi : en abolissant les cloisons et en misant sur la lumière, David Lucas a transformé un appartement sombre en suite lumineuse, baignée de personnalité et de trouvailles choisies avec soin. La vraie astuce, au-delà des murs brisés ? Oser repenser l’espace à son image, et ne garder que ce qui fait vraiment vibrer. Conseil du jour : n’ayez jamais peur de pousser quelques murs… ou, à défaut, de pousser la porte chez un antiquaire.













