Imaginez ouvrir les volets le matin, non seulement pour laisser entrer la lumière du jour, mais aussi pour économiser sur votre facture d’énergie… Tout ça sans appuyer sur aucun bouton. Voici venu le temps des fenêtres à eau, l’innovation qui fait pétiller le monde du bâtiment !
Des fenêtres qui font bien plus que laisser passer la lumière
Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur les fenêtres. Si jusqu’à présent elles servaient avant tout à faire entrer un soupçon de soleil et à aérer les pièces, Water-Filled Glass – une start-up britannique pleine d’idées – propose une révolution : glisser une fine couche d’eau entre les vitres. Oui, oui, de l’eau ! Et le résultat va bien au-delà de la simple transparence.
Le principe est aussi simple que lumineux : l’eau glissée dans cet espace absorbe les rayons du soleil. Ensuite, elle restitue cette chaleur pour réchauffer ou, au besoin, refroidir les murs de votre habitation. Une énergie naturelle, captée sans effort, qui rend nos intérieurs à la fois plus confortables et moins énergivores. Le magazine Dezeen, flairant le sujet du futur, s’est penché sur cette invention fraîche comme une source.
Comment ça marche ? Le secret est dans la couche (d’eau) !
Pas besoin d’être plombier ni magicien : la technologie s’appuie sur quelques tuyaux scellés et un système astucieux sous le plancher. Lorsque l’eau, chauffée délicatement par le soleil, atteint la température idéale, elle est pompée et dirigée vers les zones plus froides du bâtiment. Cette boucle ingénieuse permet d’apporter de la chaleur là où elle manque… ou de la fraîcheur là où il fait trop chaud. Effet kiss cool garanti.
Mais ce n’est pas tout !
- Le verre rempli d’eau agit comme un bouclier : il limite la quantité de chaleur qui pénètre dans la maison, rendant la clim’… un peu obsolète.
- Ce système fonctionne comme un chauffe-eau solaire ou un capteur thermique, pouvant servir au chauffage ou même à l’eau chaude sanitaire.
- Un dispositif automatique nettoie l’eau (inutile de sortir le balai-brosse), mais un petit contrôle annuel reste à prévoir pour s’assurer que tout roule.
Un brin fou, mais sacrément efficace
« Mettre de l’eau dans la fenêtre semble une idée complètement folle », reconnaît Matyas Gutai, fondateur de Water-Filled Glass. Folle ? Peut-être. Mais le projet s’avère idéal pour les rénovations énergétiques de bâtiments existants, car il améliore simultanément le confort thermique, réduit la consommation d’énergie et assourdit les bruits extérieurs. Tel un triple salto sans filet !
La société promet d’ailleurs que, grâce à cette technologie, le verre est encore plus clair qu’un vitrage classique, laissant filtrer davantage de lumière naturelle. Un intérieur plus lumineux pour le moral, et plus économique pour le portefeuille.
Cette fiche technique a tout pour plaire, d’autant que, selon Matyas Gutai, « les fenêtres sont responsables d’une grande partie de la consommation d’énergie de chauffage et de refroidissement, et c’est un élément omniprésent, sur presque tous les bâtiments ». D’après ses estimations, ces fameuses fenêtres à eau pourraient réduire la facture énergétique de 25 % par rapport aux modèles traditionnels.
Déjà des chantiers pilotes et un petit grain de folie assumée
Si la technologie semble sortie d’un laboratoire de savants un peu trop enthousiastes, elle est bel et bien entrée dans la vraie vie. Les premiers gros projets sont en cours : un bâtiment industriel en Hongrie et un immeuble résidentiel aux États-Unis. Les prototypes sont là aussi pour rassurer les sceptiques : Water House 1.0, petite cabane hongroise, et Water House 2.0, pavillon flambant neuf à l’Université Feng Chia à Taiwan, démontrent que ça fonctionne !
Cerise sur le gâteau (ou glaçon dans l’eau) : la start-up a mis sur pied un système adaptable aux vitrages déjà existants. Inutile donc de décrocher vos vieilles fenêtres pour faire peau neuve.
Comme le conclut Matyas Gutai, « même si l’idée semble un peu folle au départ, il est important de penser à des alternatives à ce que nous avons. Nous avons donc des idées folles, mais nous ne sommes pas fous ».
Le mot de la fin ? Ce n’est pas la pluie qui tombe entre les vitres, mais bien une solution ingénieuse, adaptable, et taillée pour l’avenir de nos logements. Et si, finalement, la lucidité écologique passait par un brin de folie ?













