Imaginez-vous face à la côte bretonne, le vent chargé d’embruns, quand soudain apparaît, telle une apparition sortie d’un rêve oriental, une villa à bulbe néo-mauresque digne d’un conte des Mille et Une Nuits. Non, vous ne rêvez pas. Ce joyau architectural, rareté absolue entre Saint-Brieuc et Paimpol, cherche un nouveau navigateur prêt à l’embarquer… contre 2,5 millions d’euros tout de même !

Un OVNI architectural en terres bretonnes

La Bretagne a ses classiques : maisons de pêcheurs en granit, longères aux volets colorés, chaumières de cartes postales et malouinières. Mais une villa néo-mauresque ? Qui aurait parié là-dessus au milieu des Côtes-d’Armor ? Pour Chrystelle Masson de l’agence Patrice Besse, en charge de la vente, la réponse est catégorique : « À ma connaissance, il n’y a pas d’autres villas à l’architecture aussi prononcée dans cette partie de la Bretagne ».

  • Un bulbe oriental qui perce le ciel breton comme une invitation à l’exotisme.
  • Un système de récupération d’eau de pluie digne d’un roman d’anticipation, malheureusement hors d’usage mais toujours visible.
  • Des mosaïques colorées, cheminées stylisées et moulures raffinées qui séduisent dès l’entrée.

Pour les locaux, l’objet de curiosité fut grand lors de la construction de cette demeure en 1880. Et si certains se sont pincés pour s’assurer qu’ils étaient bien en Bretagne, ils n’étaient pas les seuls. Cette extravagance a marqué durablement le paysage.

Une saga de propriétaires et un parfum de Mille et Une Nuits

Depuis sa naissance, la villa a connu plusieurs mains avant de s’installer dans l’escarcelle d’un banquier belge tombé amoureux de ce cadre tout droit sorti d’un conte orientaliste. Il ne s’est pas contenté d’admirer : travaux majeurs entrepris, extension avec nouvelle aile et bow-windows vidant le stock local de couleurs chatoyantes et d’inspirations exotiques. La maison, de plus de 300 m², s’est parée d’un décor qui aurait ravi Shéhérazade et fait pâlir d’envie tout sultan de légende.
Chaque pièce – ou presque – offre une vue directe sur la mer, transformant chaque lever de soleil et chaque tempête bretonne en spectacle privé.

Un bulbe, de l’eau (presque) courante et une villa haute en couleurs

Impossible de manquer cette demeure, visible à des kilomètres grâce à son bulbe mauresque couronnant la toiture. Ce bulbe n’est pas là pour la déco : il abritait autrefois un château d’eau, relié à un précurseur système de récupération d’eau de pluie depuis le toit-terrasse jusqu’aux citernes situées sous la maison, alimentant la villa en eau courante. Comme quoi, on n’attend pas forcément le 21ème siècle pour innover !

  • Au sol, des mosaïques authentiques qui parcourent les espaces du rez-de-chaussée.
  • Des plafonds à caissons, moulures raffinées et tapis exotiques pour compléter ce décor dépaysant.

La grande salle unique du rez-de-chaussée, héritage des palais orientaux, a été cloisonnée au fil du temps, mais le charme d’époque a résisté aux modernisations.

Un destin qui a bien failli basculer…

La villa aurait pu disparaître à la fin des années 1970, remplacée par un hôtel impersonnel. Mais le propriétaire actuel – sans doute plus attaché au patrimoine qu’aux bulldozers – a finalement construit un hôtel 4 étoiles en contrebas, tout en préservant la demeure telle que.
Chrystelle Masson ne cache pas sa satisfaction : « Heureusement, elle fait partie du paysage local aujourd’hui ».

En conclusion : si vous rêvez de siroter votre thé à la menthe face aux flots bretons, dans une ambiance plus mille et une nuits qu’Armorique, il vous faudra casser la tirelire… et profiter de ce vestige unique qui fait la fierté de la côte du Goëlo !

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