Imaginez acheter un ancien lycée agricole abandonné depuis trois décennies, envahi par la végétation et jonché de gravats… pour le prix d’un studio en ville. C’est le pari un peu dingue – et follement inspirant – que viennent de relever Rod et Aurélie, un couple prêt à transformer 1 900 m2 de ruines près de Fougères en un vaste lieu de vie et de culture. Retour sur une aventure humaine née du confinement !

D’un confinement à la campagne : le déclic d’une nouvelle vie

Tout commence pendant le premier confinement. Beaucoup auraient préféré le canapé, Rod et Aurélie, eux, choisissent le changement. « On avait deux solutions : se morfondre ou tout changer, redémarrer ailleurs, loin de la ville où le virus se propageait très vite, et plus humblement », résume Rod, 44 ans. Avec Aurélie, 39 ans, ils optent pour la seconde option. Objectif : trouver une bâtisse à rénover, sous la barre des 50 000 €, à la campagne et avec du terrain pour produire. Pas simple me direz-vous ? Le duo déniche pourtant l’annonce parfaite sur LeBonCoin : un ancien lycée agricole délaissé à Saint-Georges-de-Reintembault, en Ille-et-Vilaine.

  • Un prix d’achat accessible, négocié en plein second confinement (le destin, sûrement).
  • 1 900 m² couverts sur deux étages et 6 000 m² de terrain, dont une immense cour de 2 000 m².

La signature des papiers est actée. Les voilà propriétaires du Bocage, 2 rue de Fieffé, situé juste à côté du collège Julien-Maunoir… et d’un solide passé.

L’état des lieux : de la ruine au rêve

Le décor ? Plutôt irréaliste à première vue : vitres envolées, faux plafond à la dérive, verdure sauvage pénétrant à l’intérieur. Le lycée, vidé de ses élèves depuis 1991, a été squatté, dégradé. À l’extérieur, barrières de chantier à terre, monticules de gravats dans la cour, éclats de verre partout – l’accueil n’est pas vraiment cérémonial. Beaucoup pensent qu’ils ont racheté « une poubelle ».

Mais Rod voit plus loin : « Je sais à quoi ça ressemblait, on sait ce qu’on veut en faire. Ça va être magnifique. Je suis amoureux du lieu. J’y pense tous les jours depuis juin. » Forte consolation : la structure même du bâtiment, composée de cubes faciles à aménager, est intacte. « La structure est impeccable. Elle ne montre pas de signe d’usure », insiste Rod, ravi aussi de l’accueil chaleureux de la mairie.

Un projet fou, mais la tête sur les épaules

Saint-Georges-de-Reintembault n’attendait qu’un projet pour son ex-lycée du Bocage. Marie-Claire Boucher, la maire, salue l’initiative : « C’est un lieu sur lequel nous avons beaucoup d’interrogations depuis plusieurs années. Nous sommes contents de voir qu’il y a un projet ambitieux. » Ce n’est pas une simple lubie pour Rod et Aurélie : « Ce n’est pas une lubie, mais le projet d’une vie. »

Leur plan ? Progresser étape par étape.

  • Première étape : aménager leur propre espace de vie de 140 m² au premier étage, dans deux anciennes salles de classe, transformées en un cocon. Rod prévoit de prendre en charge la quasi-totalité des travaux, à l’exception des huisseries, de l’électricité et de la plomberie.
  • À terme, ouvrir le reste du bâtiment : musée, expositions (photos sur le passé du lycée et de la commune), peinture, street-art, concerts… La liste déborde d’idées ! « Ce ne sera pas un truc de bobo », promet Rod, photographe et vidéaste de concerts de métier.

Ils partagent déjà l’aventure avec des milliers de curieux

Pour décourager les squatteurs, le lieu est placé sous télésurveillance. L’eau et l’électricité, elles, arrivent bientôt. Et pour suivre l’aventure, un compte Instagram, @lecollegefoufoufou, jalonne toutes leurs étapes. Rod s’amuse même de la confusion dans le nom : « Même si je me suis un peu trompé car c’est un lycée… mais dans mes premières recherches il était question d’un collège. » Plus de 6 400 personnes sont déjà accrochées à leurs déboires et (prochains) exploits.

Leur chantier va démarrer officiellement quand ils auront rejoint une location au bourg de Saint-Georges, histoire d’avoir un pied-à-terre le temps des grands travaux. Objectif raisonnable : habiter sur place dans un an. Pari fou ? Oui. Mais pas irréaliste.

Conseil du jour : la prochaine fois que vous passez devant un vieux bâtiment abandonné, imaginez son avenir plutôt que son passé. Qui sait, il pourrait devenir le cœur battant d’une nouvelle aventure collective… fou fou fou, non ?

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