Imaginez : 30 000 bouchons de liège, sagement stockés dans des caissettes à champignons… Non, ce n’est pas le scénario d’un collectionneur excentrique mais bien l’astuce ingénieuse d’Anne-Sophie Parant et de son compagnon Jean-Yves Leroide pour isoler leur maison, au cœur du sud de l’Alsace ! Quand la débrouille rencontre l’écologie, ça pop comme un bon bouchon de crémant – et ce n’est pas réservé qu’aux maisons très anciennes !

Le liège, ce super-héros sous-estimé du quotidien

On pourrait croire qu’un bouchon de liège n’a pour mission que de garder le vin à la bonne température… Détrompez-vous ! Ce petit cylindre naturel a plus d’un tour dans son sac :

  • Il ne laisse pas passer l’humidité,
  • Protège des champignons,
  • Est 100 % naturel,
  • Aucune émanation toxique,
  • Et cerise sur le gâteau, il est aussi d’une patience redoutable : il faut environ 50 ans à un chêne-liège pour offrir sa première récolte !

Ce cocktail de qualités suffit à faire chavirer le cœur d’Anne-Sophie Parant, véritable adepte du recyclage. Hors de question pour elle de jeter ces précieuses petites merveilles à la poubelle !

Quand la collecte de bouchons devient une aventure artisanale

Installés dans une maison au confort thermique discutable – comprendre : qui laisse entrer plus de saisons que nécessaire – Anne-Sophie et Jean-Yves ont cherché LA solution. Pas question non plus de faire exploser le budget dans une rénovation classique.

La graine de l’idée a germé alors qu’Anne-Sophie travaillait à Lille, en partenariat avec une entreprise d’insertion belge. Leur secret ? Collecter puis broyer des bouchons pour en faire des plaques isolantes. De retour à Altkirch, elle adapte la méthode avec les moyens du bord :

  • Elle motive les restaurateurs du coin à conserver leurs bouchons,
  • Débute une collecte à grande échelle qui fera pâlir plus d’un amateur de vins,
  • Stocke les bouchons dans des caissettes à champignons pour qu’ils respirent.

Le résultat ? Plus de 30 000 bouchons récupérés ! Même les restaurateurs, surpris du volume, y voient l’occasion de faire preuve d’écoconscience. Anne-Sophie note d’ailleurs que beaucoup stockent des bouchons… sans trop savoir quoi en faire. La boucle est bouclée.

Broyage, coffrage et isolation à la sauce maison

Après la phase d’amassage vient celle, nettement plus bruyante, du broyage :

  • Les bouchons sont réduits en miettes dans une broyeuse à végétaux installée au grenier,
  • Puis tassés dans des coffrages autour des fenêtres et même d’un escalier.

Pour ne rien laisser au hasard, l’association Alter Alsace énergie a fait ses calculs : 20 centimètres d’épaisseur, c’est le must pour une isolation efficace. Les premières réalisations enthousiasment le duo, qui remet ça en stockant à nouveau une trentaine de milliers de bouchons, rêvant à présent d’attaquer l’isolation complète du grenier.

Appel aux experts et esprit d’ouverture

Si leur enthousiasme n’a d’égal que leur réserve face aux défis techniques, Anne-Sophie et Jean-Yves ne s’improvisent pas experts en isolation. C’est pourquoi ils lancent un appel à tous les connaisseurs prêts à partager conseils et astuces pour améliorer leurs techniques.

Qu’on se rassure, ils ne jurent pas que par le bouchon ! Le duo est ouvert à toute méthode écologique privilégiant le recyclage, pour peu qu’elle respecte l’essence de leur démarche. Vous souhaitez échanger avec eux ou partager vos idées sur le sujet ? Une adresse de courriel dédiée (non diffusée ici pour confidentialité), ainsi qu’une page Facebook, vous attendent pour continuer l’aventure et construire, bouchon après bouchon, des maisons un peu plus vertes… et mieux isolées !

Conseil du jour : avant de jeter vos bouchons de liège, pensez qu’ils pourraient devenir vos alliés contre le froid et l’humidité. Qui a dit que le recyclage ne pouvait pas être aussi chaleureux qu’un bon feu de cheminée ?

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