77 visites sans acheter : les signes infaillibles d’un acheteur immobilier non fiable

Vendre son bien immobilier, c’est un peu comme organiser une séance de speed dating : on espère tomber sur la bonne personne sans perdre trop de temps avec les rêveurs chroniques. Un brin de flair et quelques questions bien posées peuvent vous éviter bien des tours et détours inutiles. Voici un tour d’horizon authentique (et parfois savoureux) des signes qui doivent vous alerter sur la fiabilité des acquéreurs potentiels – selon les pros du secteur.

Le profil du visiteur éternel… ou la chasse au mouton à cinq pattes

Il y a des acheteurs qui n’achètent jamais. L’histoire de cette dame ayant réalisé 77 visites de biens sans jamais se positionner illustre bien le phénomène. « J’ai choisi de ne pas travailler avec elle, c’était peine perdue », confie Marc Gallon du réseau Noovimo. Selon lui, la moyenne tourne autour de 7 à 8 visites avant l’achat pour la majorité des acquéreurs. Mais une minorité poursuit inlassablement la quête de la perle rare, avec des exigences irréalisables. Comme le répètent les professionnels : la perle rare n’existe pas, il y a toujours des compromis à faire.

Première leçon : si votre visiteur affiche un CV immobilier long comme le bras et continue de papillonner, méfiez-vous. Il y a de fortes chances qu’il rêve plus qu’il n’achète, surtout s’il alterne entre logements à 250 000 € et à 1,5 million €. « Ce sont probablement des rêveurs, qui rêveront toute leur vie sans jamais acheter », résume Cyril Parmentier, directeur du développement du réseau L’Adresse.

Les signes qui trahissent la nonchalance… ou le manque de préparation

  • L’absence de projet clair : Lors de la fameuse « découverte client », s’il apparaît que l’acquéreur n’a pas d’idée précise de ce qu’il cherche, c’est immédiatement suspect. Un projet flou ou incohérent trahit souvent une absence de réelle intention d’achat.
  • Le fantôme du banquier : Certains commencent les visites sans avoir rencontré leur banquier, alors même que les conditions d’octroi de crédit se sont durcies. « Cela peut suggérer qu’ils sont au début de leur réflexion, qu’ils souhaitent d’abord analyser le marché avant d’éventuellement se lancer », observe Marc Gallon. Il est donc utile, et même salvateur, de poser des questions sur l’avancée de leur démarche financière.
  • Mains dans les poches et regards fuyants : Selon Cyril Parmentier, le comportement lors des 20 premières secondes de la visite est capital. Si l’acquéreur brille par son absence de réaction, croise les bras ou montre de la désinvolture, vous pouvez ranger la bouteille de champagne – la vente attendra.

Que cachent les zéros questions ?

Un acheteur motivé ne se contente pas de regarder les murs. Il interroge, détaille, s’intéresse à la toiture ou au sous-sol… La curiosité est plutôt bon signe ! À l’inverse, si le bien ne suscite aucune question ou très peu, cela indique souvent un désintérêt total, voire une intention peu sérieuse (et il se peut même qu’il soit simplement malintentionné).

  • Un curieux n’est pas un acheteur.
  • L’absence d’interrogations sur le bien ou son état doit vous mettre la puce à l’oreille.

Cela dit, nuançons : ce manque de questions peut aussi simplement signifier que l’acheteur n’est pas conquis par le bien. Interprétation avec doigté recommandée !

Situations d’acheteurs à surveiller de près

  • Projets complexes : Certains profils nécessitent une attention toute particulière, non pas pour une absence de sérieux – mais parce que leur situation peut faire capoter la vente à tout moment. Cela concerne par exemple les personnes qui vendent pour acheter : si la première transaction échoue, la seconde tombe à l’eau.
  • En instance de divorce : Acheter un bien avec l’argent du conjoint avant que le divorce ne soit prononcé ou que l’acte de liquidation ne soit signé ? C’est risqué : « Tant que le divorce n’est pas prononcé ou l’acte signé, rien n’est joué. »
  • Les solistes de la visite : Majoritairement, les acheteurs sérieux se déplacent à deux – en couple ou en famille. « Lorsque seul l’un des deux décideurs se rend au rendez-vous, je m’interroge sur la réelle motivation », explique Cyril Parmentier. Mais attention : il existe des exceptions (imprévus, validation préalable par un membre du couple…). Pas de déduction hâtive !

En résumé : Si vous vendez votre bien, musclez votre interrogation et observez avec attention les attitudes, sans oublier que certains curieux, rêveurs et amateurs collectionneurs de visites risquent de vous faire tourner en bourrique… sans jamais sortir leur chéquier. Mieux vaut repérer rapidement ces profils et s’épargner des espoirs mal placés. Mais rassurez-vous, la vigilance et quelques questions bien senties suffisent souvent à démêler le vrai du faux !

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