Visiter un appartement ou une maison, c’est un peu comme tomber amoureux : on a facilement le cœur qui s’emballe… et, parfois, le cerveau qui oublie de regarder certains détails essentiels. À l’heure où l’information immobilière foisonne en ligne, même les plus connectés ne sont pas à l’abri de commettre quelques impairs lors de la visite. Zoom sur ces huit erreurs que seuls les moins avertis commettent encore… et sur ce qui distingue vraiment un acheteur débutant d’un fin limier de l’immobilier.

1. Se fier au coup de cœur et négliger les critères objectifs

  • Selon Anthony Luxton, directeur d’agences immobilières chez ORPI, les novices fonctionnent « à l’affect », là où les plus expérimentés s’attachent à des critères strictement objectifs.
  • La qualité des matériaux – la marque de l’électroménager, le design de la cuisine équipée, la solidité d’un parquet (massif ou flottant), la résistance du plan de travail ou du carrelage – n’échappe pas aux acheteurs chevronnés. Les novices, eux, s’y attardent moins, séduits par l’ambiance générale ou une déco qui en jette.

2. Sous-estimer l’importance de la structure du bâti

  • Murs porteurs, fondations, poutres, charpente : les acheteurs aguerris inspectent, même sans être experts, la structure du logement pour détecter fissures, murs de travers ou poteaux douteux.
  • Une extension, une ouverture de façade, la suppression d’un mur porteur : ces modifications traduisent parfois une fragilisation. Un conseil d’expert partagé par tous : quand il y a un doute, il vaut mieux revenir avec un pro (maçon, charpentier) en contre-visite !

3. Prendre à la légère les performances énergétiques

  • Dans la course à la rénovation énergétique, tout le monde regarde désormais le DPE (diagnostic de performance énergétique).
  • Mais un mauvais classement effraie surtout les primo-accédants : investisseurs et habitués savent qu’un remplacement de fenêtres ou de ballon d’eau chaude permet de remonter la note. Pour eux, la mauvaise étiquette n’est pas forcément rédhibitoire, comme le souligne Jordan Frarier, président de Foncia Transaction France.

4. Négliger la copropriété… et ses assemblées générales

  • Les acheteurs avertis réclament systématiquement les procès-verbaux des précédentes assemblées générales pour jauger la solidité financière de la copropriété et l’ambiance entre voisins.
  • Là où les novices survolent distraitement le dernier PV, les plus chevronnés épluchent ceux des deux ou trois dernières années. Objectif : anticiper les futurs travaux, comprendre qui décide (ou bloque) et flairer d’éventuels points de tension.
  • Bonus : Regard sur l’ancien et les charges cachées
    L’année de construction peut en dire long. Les immeubles de charme séduisent les néophytes… mais les vieux murs riment parfois avec mauvaise isolation, infiltration ou toiture à refaire ! Les charges courantes, souvent plus élevées dans les copropriétés des années 1960 à 1980, piégeront ceux qui ne savent pas bien lire les comptes.
  • Bonus : L’environnement, extension et annexes
    Les expérimentés vérifient s’il y a des projets de construction autour, consultent parfois le PLU ou la mairie pour anticiper de futurs vis-à-vis, des nuisances sonores ou l’arrivée d’un immeuble surprise devant LEUR vue tant rêvée. Ils traquent aussi les possibilités d’agrandir ou d’aménager le terrain (merci le cadastre et le service urbanisme en ligne).
  • Bonus : Oublier cave et parking… à ses risques et périls !
    Certains, hypnotisés par un salon lumineux, négligent de visiter cave ou parking. Mauvaise idée : un stationnement trop étroit pour la voiture, une cave inaccessible ou faiblement sécurisée, ça peut tourner à la grande désillusion. Les habitués, eux, vérifient l’accès, la largeur des portes, la robustesse des serrures : dans leur jargon, tout compte.

Conseil en sortie de visite : avant de flasher sur une adresse ou de placer une offre « coup de cœur », reprenez un peu de recul, relisez les documents, et pourquoi pas, faites une deuxième visite accompagné•e d’un regard neuf ou d’un pro du bâtiment. En immobilier comme en amour, choisir l’éclairé plutôt que l’enflammé permet d’éviter bien des lendemains qui déchantent !

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