Combien de fois avez-vous signé un devis, confiant, en copropriété, sans jamais aller voir la petite ligne où se cache parfois… un zéro de trop ? Si la question vous fait sourire (ou grincer des dents), l’histoire de Benoit Robillard pourrait bien vous faire voir les devis autrement. Quand il annonce avoir économisé la coquette somme de 10 000 euros par simple vigilance, on a envie d’en savoir plus… et d’apprendre à scruter les chiffres comme un détective !

Des devis rarement passés au peigne fin

C’est un paradoxe aussi discret qu’agacent : dans une copropriété, alors que les sommes engagées peuvent parfois donner le tournis, les devis sont peu contrôlés. Certes, on organise une mise en concurrence entre entreprises, mais après cette étape, l’âme du négociateur disparaît souvent. Qui se penche vraiment sur les prix des poignées de porte ou le comptage des heures de main-d’œuvre ? Peu de monde, et Benoit Robillard, cofondateur de la start-up Ma Négo, le confirme avec une pointe d’ironie : « La vérification et la négociation des devis sont la norme pour une facture personnelle… et tout cela disparaît lorsqu’il s’agit d’une copropriété ». Un bel exemple de schizophrénie budgétaire !

Naissance d’une start-up aux aguets

Fort de son vécu dans le bâtiment et à la tête d’un conseil syndical, Benoit Robillard a relevé le gant. Il a fondé, avec un associé, ce qu’il présente comme le premier vérificateur et négociateur de devis pour les copropriétés. Mais pas question de pousser à multiplier les devis ni de renvoyer vers de nouveaux prestataires : la mission de Ma Négo, c’est d’abord de vérifier la cohérence des documents… quitte à demander un petit effort aux fournisseurs quand le devis sent le pâté.

Et l’entrepreneur n’hésite pas à donner l’exemple. Sur un budget de 150 000 euros, sa vigilance et son bagou lui ont permis d’économiser 10 000 euros. Oui, 10 000 ! Le secret ? Regarder de plus près certains postes, surtout quand ils brillent un peu trop par leur montant. « Sur des éléments de roulements de bille d’ascenseur pour une réparation, je me suis rendu compte que la pièce était affichée à 250 euros en prix public et à 2 500 euros sur un devis qui allait être validé », relate-t-il. L’entreprise a plaidé l’erreur de zéro. Toujours est-il que la rectification fut rapide… et profitable.

Un modèle gagnant-gagnant (sauf pour les arnaques)

C’est sur ce principe que Ma Négo a bâti son modèle économique très simple : elle ne se rémunère qu’en prenant une part des économies réalisées pour ses clients – souvent la moitié. Pas d’économie ? Pas de gain. Mais quand ça marche, ça peut aller loin : « Récemment, sur un ravalement à 517 000 euros voté en AG, nous avons obtenu une baisse de 30 000 euros », explique fièrement Benoit Robillard.

Attention, toutefois, à ne pas croire au miracle automatique. Même les magiciens de la négociation ne font pas surgir des économies là où il n’y en a pas. « Nous avions récemment une petite copropriété avec un budget annuel de 50 000 euros où tout était négocié au cordeau et très bien tenu. Il n’y avait vraiment pas d’économies possibles », reconnaît-il honnêtement.

  • Détection d’écarts avec les tarifs publics
  • Partenariats avec des prestataires pour comparer les prix
  • Usage de barèmes pour calculer les besoins réels en temps de travail

La société s’appuie ainsi sur une palette d’outils pour repérer les écarts abusifs. Si le fondateur estime manquer encore un peu de recul sur les dérives les plus courantes, il observe déjà une tendance nette : les heures de travail auraient parfois la fâcheuse habitude de gonfler ! Vigilance toute particulière aussi lors des interventions d’urgence, notamment pour les ascenseurs, là où les écarts de tarifs flirtent avec l’excès.

Des débuts prometteurs dans un milieu à convaincre

Bien sûr, l’arrivée de ces vérificateurs d’un nouveau genre ne fait pas que des heureux chez les syndics, pas toujours enthousiastes à l’idée qu’un troisième œil vienne regarder derrière le rideau. Pourtant, Benoit Robillard en est persuadé : tout le monde a à y gagner. « Le syndic à qui l’on demande beaucoup de choses peut se décharger de ce contrôle, les copropriétaires peuvent faire des économies, et les artisans gagnent en rapidité car, lorsque nous intervenons, nous essayons de nous faire payer rapidement, ce qui accélère les travaux ».

Entre chasse aux zéros en trop et maîtrise des devis d’urgence, le contrôle professionnel des coûts en copropriété a donc de l’avenir. Le conseil ? La prochaine fois qu’un devis frappe à la porte de votre immeuble, jetez-y un coup d’œil… ou invitez donc un expert du genre. Les économies n’attendent que vous !

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