La réforme des retraites avance à grands pas et s’apprête à bouleverser le fameux âge de départ ! Si vous n’avez pas tout suivi ou si vous ne jurez que par la calculatrice pour estimer vos trimestres, cet article vous fait le point sur les annonces du gouvernement, les scénarios en lice et ce que cela change, très concrètement, pour vous — que vous soyez salarié du privé, du public, ou spécialisé dans le job d’été à la plage.
Âge légal : vers un repoussage progressif, même la date ne veut plus vieillir
L’âge de départ à la retraite est actuellement fixé à 62 ans depuis la réforme de 2010. Finies les illusions pour ceux qui espéraient y échapper : Olivier Dussopt, le ministre du Travail, a annoncé lors d’une conférence de presse un relèvement progressif de l’âge légal. Deux scénarios font débat :
- Une augmentation de 4 mois par an pour atteindre 65 ans en 2031.
- Un autre scénario, plus « doux » (mais seulement en apparence), augmenterait l’âge à 64 ans, avec des hausses de 3 mois chaque année.
Le choix est attendu pour le 10 janvier. Bonne nouvelle pour l’unité syndicale : les deux options sont fermement rejetées par l’ensemble des syndicats. Solidarité interprofessionnelle, quand tu nous tiens !
Calcul de la pension : taux plein, décote et la course aux trimestres
Dans le privé, le calcul de la retraite de base reste une affaire de champions de la régularité. On retient la moyenne des vingt-cinq meilleures années, le tout soumis à un « taux plein » maximal de 50 %. Pour obtenir ce précieux sésame, il faut valider suffisamment de trimestres (168 pour les natifs de 1961, 172 pour ceux nés à partir de 1973… on n’ira pas au-delà de 43 annuités, selon le ministre).
Pour ceux qui auraient séché quelques années, chaque trimestre manquant coûte une décote de 1,25 %. Mais que les ronchons se rassurent : travailler jusqu’à 67 ans permet toujours d’effacer la décote, comme l’a confirmé le ministre (l’âge d’annulation de la décote reste à 67 ans, contrairement à la réforme de 2010).
Petite nouveauté dans l’air : si l’âge légal passe à 64 ans, la réforme Touraine, qui allonge la durée de cotisation d’un trimestre tous les trois ans, pourrait accélérer la cadence à un trimestre par an. Pour les sportifs de l’éternel travail, sortez vos agendas !
Départs anticipés, carrières longues et jeunes travailleurs : on garde (un peu) d’espoir
Pas de panique si vous avez commencé très tôt ! Ceux qui peuvent déjà partir deux ans avant l’âge légal (en ayant cinq trimestres cotisés avant la fin de l’année de leurs 20 ans) garderont cet avantage. Mais concrètement, ce sera 62 ans si la retraite passe à 64, 63 ans si elle passe à 65.
Le dispositif des carrières « très longues » va évoluer : jusqu’ici, les travailleurs ayant cotisé cinq trimestres avant 16 ans et 44 ans de cotisation pouvaient partir à 58 ans (quatre ans avant l’âge légal). Désormais, le départ anticipé à quatre ans de l’âge légal concernerait ceux qui valident 10 trimestres avant 20 ans – soit une poignée de fidèles chaque année.
Et bonne pioche pour les étudiants travailleurs : vos jobs d’été continueront de compter dans les trimestres cotisés. Le gouvernement n’y touchera pas, contrairement à une rumeur tenace.
Fonctionnaires, régimes spéciaux & pénibilité : des débats toujours électriques
Pour les quelque 700 000 fonctionnaires en « catégories actives » (policiers, surveillants pénitentiaires, aides-soignants…), l’âge de départ anticipé (52 ou 57 ans) serait relevé à la même mesure que l’âge légal. Autrement dit : décollage possible retardé de deux ou trois ans. Les syndicats, forcément, sont vent debout : « Si le métier est pénible, il le reste, réforme ou pas », martèle Christian Grolier (FO fonctionnaires). Les autres fonctionnaires (environ trois millions) suivront le privé : 64 ou 65 ans, selon la version choisie.
La fermeture progressive des régimes spéciaux frappe aussi à la porte : nouveaux entrants à la RATP, dans les Industries électriques et gazières, etc., n’auront plus droit au « statut » ni aux départs anticipés. Mais ceux sous statut subiront le report de l’âge, équité oblige. Pas de quoi calmer les syndicats, qui souhaitent laisser le choix individuel (surtout pour les conducteurs et sédentaires, généralement en retard de trois ans sur l’âge théorique…).
Enfin, côté secteur privé, le compte professionnel de prévention (C2P) reste une porte de sortie anticipée pour les métiers pénibles, mais la suppression de certains critères en 2017 (charges lourdes, postures pénibles, vibrations…) ne passe pas à la CFDT, qui réclame leur rétablissement. Pour l’instant, le gouvernement reste muet comme une carpe sur ce point.
En résumé ? L’âge légal de départ va grimper, les parcours longs auront quelques aménagements et tout le monde – sauf peut-être les jobs d’été ! – va devoir chausser ses baskets pour rallier l’heure du repos bien mérité. Restez attentifs pour le choix définitif le 10 janvier et gardez votre calculatrice à portée de main : la victoire, c’est aussi de comprendre comment vous raccrocher au wagon de votre prochaine vie de retraité(e) !













