Imaginez une ferme du XIXe siècle, nichée à la lisière d’une forêt et flirtant avec les greens d’un parcours de golf… Aujourd’hui, ce bout d’histoire, signé par l’agence d’architectes internationale Coldefy, est devenu l’un des refuges champêtres les plus élégants des Hauts-de-France. Quand restauration rime avec exaltation, le patrimoine rural se paie le luxe d’un lifting sobre et naturel, sans perdre une miette de son authenticité.
Un projet d’exception : du patrimoine rural au « manifeste » contemporain
L’ambition des créateurs de la Résidence G ? Rien de moins qu’un « manifeste pour la création d’une vie à la campagne en harmonie avec son milieu ». L’agence Coldefy, bien connue de Lille à Hong Kong en passant par Shanghai et Paris, a posé sa patte sur cette maison de campagne pas tout à fait comme les autres. Le cœur du projet ? Un corps de ferme du XIXe siècle, en forme de U, structurant une cour centrale — le tout baigné dans un cadre naturel avec forêt et golf en voisins distingués.
Réhabilitation maitrisée et extensions lumineuses
Pour ancrer la bâtisse dans son époque sans la dénaturer, les architectes ont relevé le défi d’harmoniser l’ancien et le neuf. Leur mission :
- Réhabiliter et agrandir le bâti existant,
- Valoriser l’architecture d’origine,
- Préserver la vue sur la nature environnante,
- Capter la lumière et ouvrir les espaces en douceur.
Une nouvelle entrée ferme désormais la cour tout en créant un patio autour duquel s’articulent les pièces de vie. Deux extensions bien pensées ont vu le jour : l’une prolonge la ferme d’origine pour mieux s’exposer au soleil du sud (on aime le confort moderne, mais pas au détriment de la sieste ou du potager), l’autre introduit une séparation nette entre l’entrée et l’espace privé, où trône une piscine regardant paisiblement vers le golf.
Respect du style, envolée des perspectives
Côté style, aucun crime architectural n’a été commis : la façade typique, célébrée côté golf, reste intacte, tandis que les autres côtés s’ouvrent sur l’extérieur grâce à l’introduction de généreuses lucarnes. On pourrait presque se croire dans une maison nippone, chaque escalier menant à l’étage dévoilant de véritables tableaux vivants sur la forêt, le jardin ou le parcours — la peinture, ici, c’est la vue.
Pour les matériaux, les puristes retiendront :
- Soubassement noir et brique peinte en blanc conservés sans fausse note.
- Tuiles flamandes conservées ou soigneusement remplacées à l’identique pour les plus fatiguées.
- Les grandes lucarnes, réalisées en acier teinté comme les fenêtres.
- Extensions clairement différenciées : ossature bois et bardage extérieur en bois brûlé.
Défis techniques et réflexions sur la rénovation rurale
Rénover une ferme ancienne, ce n’est pas que du charme rétro : la bassesse des plafonds et le manque de volume obligent parfois à « éclater les planchers » (certains diraient, à faire voler quelques mythes en éclats) et à réduire la surface habitable. Bref, rien ne se fait sans concessions, mais l’élégance réside aussi dans la capacité à faire mieux avec moins, tout en laissant souffler l’espace.
Conclusion : entre héritage et vision contemporaine
Si la Résidence G porte si bien son nom, c’est parce qu’elle cultive avec brio l’alliance de l’ancien et du moderne, de la nature et de l’habitat. Elle prouve que la terre des Hauts-de-France regorge de trésors à réinventer… tant qu’on sait conjuguer respect du bâti, lumière et ouverture sur le paysage. Le coup de baguette magique signé Coldefy ? Une ferme qui prend des airs de refuge poétique, où l’on donnerait volontiers rendez-vous à qui veut (re)découvrir l’essence d’une campagne chic, inspirante et jamais figée.













