Vous pensiez avoir trouvé le nid douillet parfait… Mais voilà, entre le coup de cœur de la visite et la signature, le doute s’installe ! Que faire ? Rassurez-vous : acheter, ce n’est pas sauter en parachute sans parachute. Oui, il est possible de se rétracter d’un achat immobilier sans faire pleurer son banquier (ni son notaire). On vous dévoile, avec l’aide d’un notaire, les ficelles pour un désistement (presque) sans accroc.

Changer d’avis après une offre d’achat : liberté totale !

Vous avez flashé, l’offre est partie, votre téléphone a failli surchauffer à l’attente de la réponse… et le vendeur a accepté. Pourtant, à ce stade, rien n’est joué ! Si le doute ou la peur du coup de tête vous saisit, sachez que :

  • Vous pouvez renoncer sans avoir à vous justifier.
  • Vous n’êtes pas engagé légalement tant que le compromis ou la promesse n’est pas signé.
  • Et surtout, aucune pénalité ni frais ne vous sera réclamé.

Pas mal, non ? Ce n’est donc qu’à partir de la signature du fameux compromis qu’il faudra être vigilant.

Le fameux délai de rétractation : 10 jours pour se décider sans frais

Ce compromis signé, vous commencez à mesurer l’ampleur de l’engagement… et si le doute subsiste, la loi a prévu un parachute : un délai de rétractation de 10 jours à compter du lendemain de la remise en main propre, ou de la première présentation du courrier recommandé. S’il s’agit d’un week-end ou d’un jour férié, soyez rassuré•e, votre compteur est mis sur pause jusqu’au prochain jour ouvrable. Pendant ces dix précieuses journées :

  • Vous pouvez renoncer pour n’importe quelle raison (trop cher, trop loin, coup de cœur ailleurs, compulsion acheteuse soudaine… tout est permis !).
  • La procédure ? Notifier le vendeur ou l’agence par courrier recommandé. Pour la rédaction, Maître Damien Lagau-Lacrouts, notaire à Saint-Jean-de-Luz, indique : « Je soussigné(e) M./Mme… Suite à la promesse signée le… notifie par la présente ma rétractation ». Simple, daté, signé, et hop, annulé !
  • Tout acompte ou somme déjà versée sera remboursé par le notaire.

La liberté à ce prix-là, on aurait tort de s’en priver !

Des délais prolongés et des documents obligatoires à ne pas négliger

Attendez avant de sabrer le champagne : si tous les documents annexes (carnet d’entretien, diagnostics, PV d’assemblée générale pour une copropriété, etc.) ne vous ont pas été remis lors de la signature du compromis, votre délai de rétractation continue de courir !

C’est d’autant plus important car certains diagnostics peuvent révéler des anomalies qui pourraient remettre votre projet en question (présence de plomb, amiante… ambiance).

Rappel : La vigilance est de mise. Lisez donc scrupuleusement chaque pièce, quitte à sortir la loupe…

Conditions suspensives et autres cas de figure : comment éviter les pénalités ?

La loi prévoit d’autres garde-fous : les fameuses conditions suspensives. Si l’une de ces conditions – obtention d’un prêt, permis de construire, etc. – ne se réalise pas, vous êtes libre de tout engagement, sans avoir à payer de pénalités, à condition de fournir la preuve de refus (eh oui, il faudra montrer la lettre de la banque !).

  • Refus de prêt = possibilité d’annuler la vente via une lettre de renonciation au vendeur.
  • Toutes sommes avancées (acompte, séquestre) vous seront restituées si vous respectez bien le délai ou que vous êtes dans le cadre d’une condition suspensive non réalisée.

Et si toutes les planètes sont alignées mais que l’envie s’envole ? Maître Damien Lagau-Lacrouts explique qu’il est parfois possible de s’arranger à l’amiable avec un vendeur compréhensif, même passé le délai légal, ce qui aboutit à une annulation par avenant et restitution des fonds.

Mais attention : hors délai de rétractation, hors conditions suspensives et sans accord à l’amiable, l’addition peut être salée ! Des pénalités à hauteur de 5 à 10 % du prix du bien sont à prévoir (généralement le montant du séquestre). Si le vendeur fait volte-face, c’est lui qui doit vous dédommager !

Quid des cas particuliers ? Mutation, séparation de couple… Ces motifs, aussi bouleversants soient-ils, ne sont pas considérés comme valables juridiquement pour une rétractation sans frais. Néanmoins, avec un vendeur conciliant, tout peut toujours s’arranger, comme le relate le notaire d’un couple dont la mutation avait bouleversé les projets – situation réglée sans indemnités grâce à la compréhension du vendeur.

En conclusion : acheter, c’est aussi savoir reculer avec élégance ! Grâce à un arsenal juridique bien ficelé et à la bienveillance de certains vendeurs, la rétractation immobilière, c’est possible, et (souvent) sans frais. Un conseil en or : lisez tous les documents, respectez les délais, et en cas de doute… n’hésitez pas à solliciter votre notaire. Mieux vaut tourner les talons à temps que regretter un achat précipité !

Vous aimerez aussi dans « Dernière minute »

Laisser un commentaire