Où est l’arnaque ? La question qui fuse dès qu’on promet jusqu’à 15 % d’économies sur le chauffage électrique… et pourtant, tout est transparent. Découvrons ensemble le fonctionnement de cette technologie d’effacement qui, loin des entourloupes, s’installe gratuitement chez les particuliers !

Quand l’énergie se fait rare : le défi de la consommation

L’hiver pointu, la France frémit : radiateurs à fond, pics de consommation, réseau électrique au bord de la surchauffe… La crise énergétique de l’an passé a brutalement révélé cette fragilité. Traditionnellement, pour éviter la panne généralisée, on demande à des usines de stopper leurs machines ou on relance à la hâte des centrales électriques. Pas idéal ! Heureusement, une alternative plus maligne existe : l’effacement de consommation électrique.

Mais de quoi parle-t-on vraiment ? Loin du sabordage, l’effacement vise à réduire ponctuellement et très légèrement la consommation dans certaines habitations équipées d’un boîtier connecté. Résultat : le réseau respire mieux pendant les surcharges, tout le monde reste bien au chaud.

Comment ça marche ? Coup d’œil chez Voltalis

Voltalis, autoproclamé « leader européen du pilotage intelligent de la consommation électrique » (rien que ça), fonctionne avec une armée de 320 salariés et 250 collaborateurs externes, déployés sur tout le territoire. Son idée : installer chez les particuliers – gratuitement, oui monsieur ! – des thermostats connectés et un boîtier pilotable à distance.

  • Installation possible dans les logements individuels, résidences étudiantes, logements de bailleurs sociaux, etc.
  • Partenaires de choix : Fnac/Darty, Brico Dépôt, Effy, Bouygues Entreprises.
  • Prise de rendez-vous simple, délai d’une quinzaine de jours (parfois un peu plus loin dans les campagnes).
  • Comptez 2 à 2h30 d’installation pour équiper chaque radiateur, sans oublier ballon d’eau chaude ou pompe à chaleur.

Le principe rappelle les « Men in Black », mais ici on n’efface pas la mémoire, juste quelques minutes de consommation de chauffage, pour mieux réinjecter le surplus d’énergie sur le réseau. Selon Benjamin Bailly, directeur marchés et innovation chez Voltalis : « Lorsque nous décrivons notre concept […] on nous rétorque souvent : “Où est l’arnaque ?” ».

Qui paie le champagne ? Le modèle économique décrypté

La promesse est belle : une maison équipée gratuitement, un confort préservé, et jusqu’à 15 % d’économies à la clé. Où est le piège ? Pourquoi Voltalis s’embêterait-il à offrir des thermostats et boîtiers onéreux ? La réponse est limpide : la société gagne de l’argent en revendant l’électricité « effacée » lors des périodes critiques.

  • Quand le gestionnaire du réseau (RTE) requiert un soutien, Voltalis met à disposition l’énergie économisée.
  • Sinon, revente sur le marché au prix fort, en toute légalité.

L’utilisateur profite des atouts du thermostat connecté : suivi fin de la consommation par pièce, gestion des températures au doigt et à l’œil, économies « involontaires » lors des épisodes d’effacement de quelques minutes à une heure (suffisamment courts pour que le confort ne soit pas impacté, la température chutant à peine d’un demi-degré au maximum).

Effet bonus : pas de centrale remise en marche, aucune logistique supplémentaire. On allège la facture… et la planète, avec 70 % de rejets de CO2 en moins sur l’énergie injectée ! De quoi plaire aux écolos et aux économes du dimanche.

Doutes, critiques mais marché en plein boom

Quelques sceptiques avancent que l’effacement ne produirait pas d’économie nette, arguant qu’il faudrait dépenser l’énergie économisée un peu plus tard pour réchauffer la maison. « Des critiques il y en aura toujours, balaie Mathieu Bineau, PDG de Voltalis, elles émanent en général de ceux qui ne maîtrisent pas cette technique. C’est le même type d’argument que l’on a eu sur les voitures start & stop… ».

Un point incontestable : la vague des pompes à chaleur et des véhicules électriques ouvre un boulevard à Voltalis. L’entreprise, jusqu’ici presque seule sur ce segment chez les particuliers, prévoit déjà de s’exporter à l’étranger (direction Royaume-Uni et Scandinavie) et n’exclut pas de s’intéresser plus tard aux pays chauds pour y brancher les climatiseurs sur le même principe.

Voltalis n’affiche pas de résultat net public, mais revendique un EBITDa positif et plus de 500 millions d’euros levés depuis sa création. Preuve qu’il y a plus à gagner qu’à perdre… pour tout le monde.

Le mot de la fin ? Si une technologie semble trop belle pour être vraie, cela vaut toujours la peine de creuser la question. Dans le cas de Voltalis, le mystère s’explique : l’entreprise joue la carte de la flexibilité au service du réseau, l’utilisateur y gagne en économies et en confort. Finalement, la seule chose qui disparaît, c’est la crainte d’une facture salée !

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