Vous pensiez que l’achat ou la vente d’un bien immobilier se résumait à choisir un agent sympa et à signer au bas d’une page ? Détrompez-vous : certaines phrases sorties innocemment (ou non !) par des professionnels devraient immédiatement faire tinter une alarme dans votre esprit, façon détecteur de fumée capricieux.
C’est mauvais signe : reconnaître les phrases qui doivent vous alerter
Confier son projet immobilier à un agent, c’est un peu comme lui remettre les clés de votre avenir (rien que ça). Or, tous les professionnels ne se valent pas et certains signes, souvent glissés dans une conversation, trahissent parfois un manque de sérieux ou de compétence. Mieux vaut les repérer à temps.
- « Je connais parfaitement mon métier. »
Entendre cette phrase devrait vous inciter à demander des preuves. Comme le rappelle François Gagnon, président d’ERA France et Europe : « Un bon agent aura toujours le souci de la transparence et apportera des preuves de ce qu’il avance. C’est primordial, car la relation client-agent est basée sur la confiance. » Un professionnel compétent maîtrise parfaitement le marché, la zone géographique, ou encore l’environnement juridique de votre dossier. Il doit aussi vous transmettre ces informations sans rechigner… ni vous assommer de jargon ! - « Ça, je ne sais pas. »
Ne pas pouvoir répondre à une question peut être excusable si l’agent se documente ensuite. Mais l’excès de confiance ou la condescendance n’ont pas leur place : « On ne doit jamais faire preuve de condescendance, il n’y a pas de question idiote ! Les clients ont besoin d’être rassurés », affirme François Gagnon. Un bon agent écoute activement pour proposer LA bonne solution chaque fois que possible. - « Je ne sais pas si les visiteurs ont apprécié votre maison… »
Voilà le genre de réponse à éviter : l’agent doit être allé chercher les informations nécessaires pour laisser avancer votre dossier. L’immobilier, ce n’est pas le loto ! - « Je suis d’accord avec votre estimation. »
Acquiescer systématiquement à une estimation (surtout si elle est surévaluée) est suspect. Le prix d’un bien ne se décide ni au doigt mouillé ni selon votre attachement affectif, mais selon sa typologie, son état, son emplacement et d’autres critères concrets. L’agent doit être capable d’analyser le dossier et d’apporter des arguments solides pour fixer un prix juste, même s’il faut vous ramener gentiment à la réalité. - « Je n’ai pas beaucoup de temps pour vos visites. »
La rigueur et l’organisation sont le b.a.-ba du métier ! Des outils existent : agenda numérique, réseaux sociaux, visites virtuelles, signatures électroniques… Si l’agent n’arrive pas à organiser vos visites, à répondre à vos questions ou à vos messages rapidement, votre confiance risque de s’éroder rapidement. - « Avec votre budget, il n’y a rien sur le marché. »
Rien n’est plus crispant… Un agent doit connaître son secteur et être capable de proposer des biens alternatifs en accord avec votre enveloppe. Il lui revient également d’expliquer, de prouver et d’être proactif. Il peut aussi vous conseiller de consulter un courtier pour étudier votre capacité d’emprunt. L’empathie et la pédagogie sont essentielles dans ce métier de proximité. - « Dépêchez-vous, vous n’êtes pas les seuls intéressés ! »
Le coup de pression, tout un art… Mais cette injonction peut créer du stress ou inciter à renoncer à la négociation. Un bon agent doit au contraire faire preuve de psychologie et accompagner ses clients vers une décision éclairée, sans jamais leur donner l’impression d’être piégés.
Pourquoi ces signaux doivent vraiment vous faire réagir
Ces réflexions en apparence anodines sont souvent le symptôme d’un manque de connaissances, d’anticipation ou de professionnalisme. Dans un secteur aussi engageant que l’immobilier, il est primordial de collaborer avec quelqu’un qui maîtrise son sujet et s’investit pour faire avancer concrètement votre projet, tout en tenant compte de vos attentes.
François Gagnon est formel : « Philosophiquement, c’est comme faire passer un entretien d’embauche : il faut poser des questions et obtenir des réponses précises. Vous pourrez ainsi vérifier les compétences et les connaissances de l’agent, sentir si le courant passe ou non. C’est aussi une histoire de feeling. » Le conseil est avisé : ce moment d’échanges doit aussi permettre de juger la qualité d’écoute, la réactivité et l’empathie du professionnel mis à l’épreuve.
Le choix et le changement d’agent immobilier : vos droits et devoirs
Pas de panique si le courant ne passe pas ! Vous pouvez parfaitement changer d’agent, sauf en cas de mandat exclusif : dans ce cas, vérifiez bien la clause d’exclusivité mentionnée dans le contrat. Une fois trois mois écoulés, la résiliation sera possible à tout moment, sous réserve d’un préavis minimal de 15 jours.
Enfin, la question des honoraires finira forcément par être abordée. Mais lors d’un premier rendez-vous, le vrai sujet, c’est vous : votre recherche, votre rythme de vie, vos envies, vos contraintes. Plus votre interlocuteur fait preuve d’empathie, mieux il pourra comprendre et défendre votre projet.
Conclusion : armez-vous de curiosité et de vigilance !
Réussir un projet immobilier, ce n’est pas seulement une question de budget, mais surtout de confiance réciproque et d’accompagnement pensé sur mesure. Si un agent immobilier vous sort l’une des sept phrases qui tuent, sachez qu’il n’y a pas de fatalité : posez des questions, exigez des réponses, et surtout, faites confiance à votre bon sens… et à votre feeling !













