Choisir son locataire, ce n’est pas tout à fait comme choisir un film sur Netflix : il faut parfois flairer le twist, repérer les personnages trop lisses ou trop fantaisistes, et surtout éviter les mauvaises surprises au générique de fin. Alors, avec 67 % des dossiers falsifiés, comment distinguer la perle rare du locataire à problèmes ? Plongée sans filtre dans les profils à éviter absolument (et dans quelques pièges à esquiver avec élégance) pour louer l’esprit tranquille.
Le cadre légal : attention à la discrimination !
Avant de se lancer dans l’enquête digne d’un Hercule Poirot de l’immobilier, priorité à la loi. Un propriétaire dispose certes de la liberté de choisir son locataire, mais cette liberté connaît des limites strictes : l’article 225-1 du Code pénal prohibe la sélection basée sur l’origine ethnique, l’apparence physique, le sexe, l’âge, l’orientation sexuelle et toute autre caractéristique discriminatoire. Enfreindre cette règle expose à trois ans de prison et jusqu’à 45 000 euros d’amende. De quoi refroidir toute tentation, même en cas de dossier douteux !
Vacances locatives : méfiance sur certains profils
Eviter le trou noir des logements vides, voilà le grand défi. Certains groupes de locataires y sont pourtant plus enclins :
- Étudiants en fin de cycle : Signer avec un étudiant qui termine l’année scolaire dix mois plus tard, c’est s’exposer à un départ prématuré, surtout si le stage de fin d’études s’annonce dans une autre ville. Prévoir donc, dans les zones tendues, de privilégier les jeunes salariés, moins mobiles et plus enclins à rester.
- Colocataires indésirés : Hors cas où la colocation est adaptée au bien, mieux vaut éviter ce montage. Si le logement ne s’y prête pas, les litiges peuvent vite s’accumuler entre colocataires peu compatibles, chacun rejetant la faute à l’autre en cas de dégradations. Au final, davantage d’ennuis pour le propriétaire, prévient Bruno Cantegrel, fondateur de Monsieur Hugo (outil de gestion locative).
Les signaux qui doivent alerter
Dans la jungle des visites et des courriels, certains signaux clignotent en rouge vif :
- Lemanipulateur de meubles : Dans les logements meublés, certains locataires demandent à remplacer la literie, le frigo, voire à réaménager le salon. Certes, ils en ont le droit, mais prudence ! Nombreux stockent mal les meubles du propriétaire, au risque de leur porter préjudice… et de transformer l’appartement en entrepôt.
- L’éternel négociateur : Ceux qui marchandent le loyer dès la première visite (voire avant) ne sentent pas bon l’affaire pérenne. Car si plus tard, le loyer évolue, rebelote : ils tenteront de renégocier, voire de ne plus payer. Or, le prix est souvent aligné sur le marché : un refus poli permet d’éviter la galère.
- Le faussaire de dossier : C’est la star des statistiques glaciales : 67 % des candidats tricheraient sur leurs documents, paies en tête. Il est indispensable de vérifier la véracité de chaque pièce car, si le propriétaire a souscrit une assurance loyers impayés sans contrôle sérieux, l’assureur refusera tout remboursement. Double peine en cas de coup dur.
- L’expéditif numérique : Premier contact sans politesse, mails truffés de fautes ou absence totale d’effort ? Méfiance : ce manque d’implication peut annoncer un locataire désinvolte, qui ne mettra guère du sien pour la suite. Mieux vaut favoriser un échange fluide et agréable dès les premiers pas.
- Le fantôme du rendez-vous : Peu joignable, réponses au compte-gouttes ou désintérêt flagrant lors de la visite ? Ce profil semble prêt à partir à tout moment dès qu’il aura trouvé mieux ailleurs. La ponctualité, la pertinence des questions et le besoin de voir le bien avant signature sont autant de critères à observer à la loupe.
- Le faux solitaire : Certains se présentent seuls puis mentionnent une ou plusieurs autres personnes qui vivraient là. Ce genre de dissimulation cache bien souvent le risque de sur-occupation, mais aussi une surconsommation des charges (eau, électricité) calculées initialement pour une seule personne. Un propriétaire averti doit jouer les enquêteurs et poser les bonnes questions.
Conclusion : trouver l’équilibre sans tomber dans le piège
Trouver le bon locataire demande à la fois intuition, vigilance et respect de la loi. La tentation est grande de classer les profils d’entrée de jeu, mais attention aux dérives discriminatoires, qui peuvent coûter cher. Un dossier soigné, un premier contact chaleureux, des réponses réactives et honnêtes : voici les signes d’une relation locative sans drame. Dernier conseil pratique : si un doute subsiste, n’hésitez jamais à vérifier chaque information et à préférer le dialogue franc à la course à la signature. Mieux vaut une location sereine qu’un épisode à rebondissements… dont on se passerait bien volontiers !













